Alors que la saison estivale bat son plein, la préfecture maritime de la Méditerranée a lancé une vaste opération de contrôles en mer pour rappeler aux plaisanciers les règles essentielles de sécurité. Le vice-amiral d'escadre Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée, insiste sur le triptyque PEA : Préparer, Équiper, Alerter. « Si la mer est un espace de liberté, ce n'est pas un espace de non-droit », souligne-t-il.
Une opération « Sécurité Mer » dans la rade d'Hyères
Le 2 juillet 2026, sept moyens nautiques des Affaires maritimes, de la police nationale, de la gendarmerie maritime, de la gendarmerie nationale et du parc national de Port-Cros ont été déployés entre la presqu'île de Giens, Porquerolles et le sud de la rade d'Hyères. L'objectif : effectuer une cinquantaine de contrôles et sensibiliser les usagers. Lionel Houllier, délégué à la mer et au littoral pour le Var, détaille : « P comme préparer sa sortie en mer en consultant la météo et en prévenant un proche de son heure de retour. E comme s'équiper en matériel de sécurité. A comme alerter en cas de difficulté sur le canal 16 de la VHF ou le 196. »
Des infractions encore trop fréquentes
Les interventions en mer ont augmenté de 14 % en 2025 par rapport à l'année précédente, et environ 4 000 infractions sont constatées chaque année. Lors de cette opération, huit infractions ont été relevées, dont cinq pour défaut de matériel de sécurité. Les contrôles ont notamment mis en lumière des manquements récurrents : absence de piles dans une lampe étanche, défaut de deuxième coupe-circuit (obligatoire depuis octobre 2023), ou encore méconnaissance du numéro d'urgence 196.
Des plaisanciers parfois réticents
Certains plaisanciers ont mal accueilli ces contrôles. « On nous contrôle même en mer maintenant ! », s'est exclamé un usager d'un scooter des mers. Après vérification, il s'agissait d'une randonnée accompagnée par un moniteur, et tout était en règle. Un couple de pêcheurs, contrôlé pour la première fois en vingt ans, a dû être rappelé à l'ordre : la lampe étanche était introuvable et le deuxième coupe-circuit manquait. « C'est la première fois en vingt ans que je suis contrôlé », a confié le plaisancier, qui a eu trois jours pour se mettre en conformité.
Pédagogie avant répression
Le préfet maritime Christophe Lucas a donné comme consigne de privilégier la sensibilisation, mais n'exclut pas les verbalisations en cas de comportement dangereux. « N'hésitez pas à verbaliser si vous constatez des comportements dangereux », a-t-il rappelé aux équipes. Au total, les contrôles ont permis de rappeler les bonnes pratiques, comme l'utilisation de l'application RecFishing pour enregistrer les captures de pêche. Malgré quelques tensions, l'opération s'est déroulée dans un esprit de pédagogie, visant à faire baisser le nombre d'accidents et d'infractions en mer.



