Le VIH, virus responsable du sida, utilise une stratégie inédite pour infecter les cellules : il les reprogramme de l'intérieur afin de forcer l'entrée dans leur noyau. Une étude publiée dans Nature le 24 juin 2026 détaille ce mécanisme, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies.
Un remodelage nucléaire en 30 minutes
L'équipe de l'Institut Pasteur, dirigée par le Dr. Sophie Leduc, a observé que le VIH provoque un remodelage de l'enveloppe nucléaire des cellules cibles en seulement 30 minutes après l'infection. Ce processus permet au virus d'accéder au noyau, où il peut intégrer son génome. « C'est une découverte majeure. Nous savions que le VIH devait franchir la barrière nucléaire, mais nous ignorions qu'il manipulait activement la cellule pour y parvenir », explique le Dr. Leduc.
Des protéines virales clés identifiées
Les chercheurs ont identifié deux protéines virales, Vpr et Capside, qui jouent un rôle central dans cette reprogrammation. Vpr interagit avec des protéines de l'hôte pour déstabiliser la membrane nucléaire, tandis que la Capside guide le matériel génétique viral vers le noyau. En laboratoire, l'inhibition de Vpr a réduit de 80 % l'efficacité de l'infection.
Implications pour les traitements
Cette découverte pourrait révolutionner la lutte contre le VIH. Actuellement, les antirétroviraux bloquent la réplication virale, mais ne ciblent pas cette étape précoce. « En empêchant le virus de remodeler le noyau, nous pourrions stopper l'infection dès le départ », précise le Dr. Leduc. Des essais précliniques sont en cours pour tester des molécules capables d'inhiber Vpr.
Un mécanisme conservé chez d'autres virus
Des similitudes ont été notées avec d'autres virus, comme celui de l'hépatite B, qui utilisent des stratégies analogues. Cela suggère que cette découverte pourrait avoir des applications au-delà du VIH. « Comprendre comment les virus manipulent les cellules est essentiel pour développer des antiviraux à large spectre », conclut le Dr. Leduc.



