Étudiantes : vendre ses ovocytes pour financer ses études
Étudiantes : vendre ses ovocytes pour payer ses études

Face à la hausse du coût des études, des étudiantes des universités britanniques les plus prestigieuses sont démarchées par des cliniques étrangères pour donner leurs ovocytes contre plusieurs milliers d'euros. Une enquête de The Independent, publiée le 25 août 2026 et relayée le 9 septembre par France Inter, révèle l'ampleur de ce phénomène.

Des offres allant de 3 000 à 9 000 livres

Jemimah, 21 ans, étudiante à Édimbourg, vit chez une tante, travaille dans un café et fait des livraisons. L'an dernier, deux sociétés lui ont proposé entre 3 000 et 9 000 livres (3 500 à 10 500 euros) pour ses ovocytes. « J'en ai tellement marre d'être fauchée que je vais essayer cette année », confie-t-elle.

Ce marché ne cible pas n'importe qui : les étudiantes des universités les plus prestigieuses, notamment Oxford, Cambridge et les établissements de l'Ivy League américaine, figurent parmi les profils les plus recherchés.

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De l'ovocyte à la GPA : des propositions lucratives

À Cambridge, Ellie, 21 ans, a déjà effectué trois cycles de don et gagné environ 10 000 livres (11 661 euros). Cette somme lui a permis de quitter ses deux emplois, de rembourser ses dettes et d'avoir enfin « une vie sociale ». Comme ses ovocytes ont permis des grossesses, l'agence lui a proposé d'aller plus loin : devenir mère porteuse, payée jusqu'à 90 000 livres (104 949 euros).

Rebecca, 20 ans, étudiante à St Andrews, n'a pas passé la sélection pour donner ses ovocytes. Une société lui a alors parlé d'une gestation pour autrui (GPA) à l'étranger, une proposition qu'elle juge « flippante », digne de « La Servante écarlate ». Confrontée à des dettes qui ne décroissent pas et inquiète de ne pas pouvoir financer ses études, la jeune femme envisage de tenter sa chance auprès d'autres agences.

Un cadre légal contourné et des risques mal documentés

Au Royaume-Uni, rémunérer un don d'ovocytes est interdit. Des sociétés étrangères proposent néanmoins des forfaits couvrant dépistage, prélèvement, voyage, hébergement et indemnisation. Les sommes atteignent généralement 4 500 à 9 000 livres (5 250 à 10 500 euros) en Grèce, en Espagne, en République tchèque et à Chypre du Nord, selon l'enquête. Aux États-Unis, les profils les plus recherchés peuvent aller jusqu'à 120 000 dollars (104 472 euros).

Les risques restent mal documentés. L'enquête évoque notamment des liens observés entre certains traitements de fertilité et le cancer de l'utérus ainsi que de possibles liens avec le cancer du sein.

Sally, ancienne étudiante d'Oxford, a elle aussi payé ses études grâce à ses ovocytes. Une expérience qu'elle décrit comme éprouvante et solitaire. Elle a par la suite refusé une GPA à six chiffres aux Émirats après avoir découvert un contrat qui, dit-elle, lui aurait fait perdre toute autonomie.

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