Alors que le gouvernement s'apprête à dévoiler une nouvelle réforme des études de santé, la grogne monte parmi les étudiants. Après six années de Parcours d'Accès Spécifique Santé (PASS) et de Licence Accès Santé (LAS), beaucoup dénoncent un système jugé injuste et anxiogène. Ils estiment que la sélection repose trop sur des matières éloignées de la médecine, au détriment de leurs compétences et de leur vocation.
Un parcours semé d'embûches
Le PASS et la LAS ont été mis en place en 2020 pour remplacer le numerus clausus et la première année commune aux études de santé (PACES). L'objectif était de diversifier les profils des étudiants en médecine, mais aussi de réduire la pression. Pourtant, les étudiants témoignent d'une compétition féroce et d'un stress permanent. « On se retrouve à jouer son avenir sur des matières qui n'ont rien à voir avec la médecine, comme la physique ou la chimie », déplore Clara, 22 ans, en troisième année de LAS. « J'ai passé des nuits à réviser des formules, alors que mon rêve est de soigner des gens. »
Des inégalités persistantes
Les critiques portent également sur les inégalités entre les universités. Certaines offrent davantage de places en filière santé, tandis que d'autres sont plus restrictives. « Selon l'université où tu es, tes chances de réussite varient énormément », explique Lucas, 23 ans, qui a dû changer de région pour intégrer une LAS. « C'est un parcours du combattant, et on a l'impression que notre avenir dépend d'un tirage au sort. »
Le gouvernement envisage une nouvelle réforme
Face à ces difficultés, le gouvernement a annoncé vouloir réformer à nouveau les études de santé. Les pistes évoquées incluent une réduction de la durée des études, une meilleure articulation entre les filières, et une refonte des modalités de sélection. Mais les étudiants restent sceptiques. « On nous promet des changements depuis des années, mais rien ne bouge vraiment », tempête Marie, 24 ans, en PASS. « On a l'impression d'être des cobayes. »
Des syndicats étudiants mobilisés
Les syndicats étudiants appellent à des manifestations dans les prochains jours pour faire entendre leur voix. Ils réclament un accès plus équitable aux études de santé, une meilleure prise en compte des aspirations des étudiants, et une véritable réforme du système. « Nous ne voulons pas d'une énième réforme bricolée, mais d'une refonte en profondeur qui mette fin à cette sélection absurde », insiste le président de l'Union Nationale des Étudiants en Médecine (UNEM).
La question de l'accès aux études de santé est cruciale dans un contexte de pénurie de médecins. Le gouvernement devra trouver un équilibre entre la nécessité de former des professionnels compétents et le respect des vocations des étudiants. En attendant, ces derniers continuent de subir un système qui les épuise et les décourage.



