Pénurie de destroyers : l'US Navy au pied du mur face à l'Iran
Pénurie de destroyers : l'US Navy au pied du mur

Le général Alexus Grynkewich, commandant du Commandement européen des États-Unis (EUCOM), a adressé une alerte écrite au Pentagone, selon le Washington Post. Il estime que les forces américaines pourraient ne plus être en mesure de garantir simultanément la protection d'Israël et celle du territoire américain, en raison du manque de destroyers disponibles au sein de l'US Navy. Ces navires de guerre sont devenus indispensables pour intercepter les missiles balistiques tirés par l'Iran et ses alliés.

Un choix cornélien pour le général Grynkewich

Selon plusieurs responsables américains, le général a prévenu par écrit les plus hauts responsables du Pentagone que, sans le déploiement d'un destroyer supplémentaire, il serait contraint de privilégier la défense du territoire continental américain au détriment de celle d'Israël. Cette mise en garde s'inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre les commandants régionaux et Washington lorsque les premiers estiment que les moyens mis à leur disposition ne sont plus suffisants. Le Pentagone s'est refusé à tout commentaire.

Des stocks de munitions préoccupants

Auprès de L'Express, Mark Cancian, colonel des Marines à la retraite et ancien haut responsable du budget de la Défense américaine, évoquait déjà le mois dernier une situation préoccupante sur le stock des munitions américaines : "Prenons le Patriot, ce système de défense antimissile que tout le monde connaît : les États-Unis en avaient environ 2 300 avant le conflit. Nous en avons utilisé 1 400. Il n'en reste qu'environ 900 - bien en deçà de ce dont l'armée aurait besoin dans le Pacifique occidental face à la Chine."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des destroyers très sollicités

La marine américaine est également au cœur de cet effort militaire. L'administration Trump a ordonné le blocus des ports iraniens après la fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran, une décision qui a profondément perturbé le transport mondial de pétrole et de marchandises. En parallèle, les destroyers américains déployés en Méditerranée orientale continuent d'assurer une mission essentielle : protéger Israël contre les missiles balistiques iraniens et les projectiles lancés par les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran.

Basés à Rota, en Espagne, cinq destroyers relèvent du Commandement européen, un sixième devant les rejoindre prochainement. Or, l'enchaînement des déploiements et les besoins de maintenance réduisent leur disponibilité opérationnelle. Dans le même temps, ces bâtiments doivent aussi rester en mesure de répondre à une éventuelle menace russe contre un pays de l'Otan et de contribuer à la protection du territoire américain face aux capacités balistiques de Moscou. Un autre destroyer est également mobilisé en mer Rouge face aux attaques des Houthis contre le trafic maritime, rappelle le Washington Post.

Une facture de 37,5 milliards de dollars

Après l'échec des discussions entre Washington et Téhéran, les attaques quasi quotidiennes ont repris, mettant à rude épreuve les capacités de défense américaines. L'intensité des opérations a progressivement entamé les stocks d'armements défensifs, tandis que leur coût ne cesse de grimper. Selon le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, la guerre entamée il y a plus de cinq mois devrait coûter 37,5 milliards de dollars aux États-Unis jusqu'à fin septembre, une hausse de près de 30 % par rapport à la dernière estimation de 29 milliards.

Des solutions alternatives recherchées

Au-delà de la question financière, l'armée américaine cherche également de nouvelles options. Selon plusieurs sources, un officier supérieur du Commandement central (CENTCOM) a récemment demandé à des analystes militaires de proposer des méthodes "créatives et non conventionnelles" pour accentuer la pression sur l'Iran, signe que les solutions traditionnelles peinent à répondre aux défis actuels. L'avertissement du général Grynkewich met ainsi en lumière une réalité rarement évoquée : malgré des moyens considérables, les États-Unis ne disposent pas de ressources illimitées.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale