Le site de vente en ligne Rakuten, anciennement PriceMinister, va cesser ses activités le 1er octobre 2026, selon une bannière sur son site qui indique qu'à partir de cette date, il ne sera plus possible d'y effectuer de nouveaux achats ou ventes. Cette décision, annoncée après l'échec des recherches d'un repreneur, concerne quelque 180 salariés et met fin à plus de quinze ans de présence du groupe japonais dans l'Hexagone.
Une fermeture annoncée après des mois de recherche
En juillet, la filiale française de l'entreprise japonaise avait déclaré : « Malgré les efforts déployés par le groupe pour mener à bien une cession de l'activité, les discussions approfondies menées avec les repreneurs potentiels n'ont pas permis d'aboutir à une solution viable. » Une période de transition est maintenue jusqu'au 10 novembre 2026, afin de permettre aux vendeurs et aux acheteurs d'effectuer les dernières démarches nécessaires, a précisé la direction à l'AFP.
Quelque 180 salariés sont concernés. Sollicitée par l'AFP, la direction a soutenu que « les mesures d'accompagnement proposées par la société ont été accueillies favorablement par le CSE (Comité social et économique, NDLR) » et « homologuées ensuite par les autorités compétentes le 6 août ».
Un déclin face à la concurrence asiatique
La plateforme en ligne, dédiée aux vendeurs tiers (marketplace ou place de marché), vend des appareils électroniques, de l'électroménager, des jouets, des vêtements, du mobilier, etc. Elle fermera aussi en Espagne, les deux pays partageant la même structure. Confronté au déclin de son activité « depuis une dizaine d'années » (le nombre de clients a baissé de 33 % en dix ans et le trafic a reculé de 42 % sur la même période) et à la concurrence des plateformes asiatiques, Rakuten France avait cherché un repreneur.
Mais selon la direction, aucune offre « ne remplissait » les « trois critères » fixés : « préservation des emplois », « conditions financières de l'offre » et « risques » associés, « capacité […] à assurer la pérennité de l'activité à long terme ». Comme elle, le CSE a rendu un avis négatif sur ces propositions.
L'offre de Pixmania rejetée
En juillet, l'e-commerçant français Pixmania, qui s'était positionné, avait dénoncé le rejet de son offre. Le spécialiste des technologies (smartphones, tablettes…) avait dit n'avoir pas pu exposer aux salariés son projet, censé « sauver plusieurs dizaines d'emplois » et « craindre » que sa « candidature n'ait constitué qu'un passage obligé » pour répondre à la loi Florange — qui oblige un employeur à chercher un repreneur en cas de projet de fermeture — « face à une direction internationale déjà décidée ». Pixmania s'est dit « extrêmement » déçu « de ne pas avoir pu préserver » une activité représentant « plus de 2 500 vendeurs » et « plus de 400 millions d'euros de volume d'affaires » et assure que son offre était « financièrement soutenue » par ses actionnaires de référence, dont Xavier Niel.
Créé en 1997 au Japon, Rakuten avait acheté PriceMinister en 2010. Également présent dans les télécommunications ou encore la publicité, le groupe emploie plus de 25 000 personnes dans 30 pays pour un chiffre d'affaires de plus de 11 milliards d'euros, selon son site internet.