Les troubles du comportement alimentaire (TCA) touchent près d'un million de personnes diagnostiquées en France, de tout âge et de tout genre, provoquant d'importantes souffrances physiques et psychiques. Pourtant, ils restent l'objet de nombreuses idées reçues et fausses informations.
Une semaine de sensibilisation
À l'occasion de la 10e Journée mondiale des TCA, le 2 juin, et de la semaine nationale de sensibilisation organisée jusqu'au dimanche 7 juin par la Fédération française Anorexie Boulimie (FFAB), le psychiatre Hugo Saoudi, membre de la FFAB et coauteur avec la médecin Camille Ringot de « Quand manger te fait galérer ! » (Vuibert), revient sur les facteurs de ces troubles et les voies de leur guérison.
Des chiffres alarmants
Interrogé sur le nombre de personnes concernées, Hugo Saoudi précise : « On connaît traditionnellement l'anorexie mentale et la boulimie, qui sont les TCA les plus répandus, avec l'hyperphagie. Ils représentent environ 900 000 personnes diagnostiquées en France. Mais il existe d'autres troubles, moins connus, qui portent ce chiffre à près d'un million. »
Le psychiatre souligne que ces pathologies mentales, parfois graves, peuvent survenir à tout moment de la vie. « Une personne sur deux souffrant d'un trouble du comportement alimentaire n'est pas suivie », alerte-t-il, déplorant un manque de prise en charge adaptée.
Des idées reçues persistantes
Malgré la prévalence des TCA, de nombreuses idées reçues persistent. « Beaucoup pensent que les TCA ne touchent que les adolescentes, mais c'est faux. Les hommes, les adultes et même les personnes âgées peuvent être affectés », explique Hugo Saoudi. Il insiste également sur le fait que ces troubles ne sont pas un choix de vie, mais des maladies mentales complexes.
Des témoignages poignants
La série de témoignages publiée cette semaine illustre la diversité des parcours. Stella, atteinte d'hyperphagie boulimique, confie : « J'avais l'impression que si je m'arrêtais de manger, j'allais mourir. » Aaron, souffrant d'anorexie et de boulimie, raconte : « Plus on me disait que j'étais beau, plus je m'enfonçais. » Valentine, ancienne anorexique, se souvient : « Je ne me pesais jamais, puis j'ai commencé à monter sur la balance tous les jours. » Sandra, également hyperphage, exprime sa volonté de protéger sa fille : « Je veux tout faire pour que ma fille n'endure pas cette souffrance. »
Des voies de guérison
Hugo Saoudi rappelle que les TCA peuvent être soignés, à condition d'un diagnostic précoce et d'un suivi pluridisciplinaire. « La guérison est possible, mais elle nécessite une prise en charge psychologique, nutritionnelle et parfois médicamenteuse », conclut-il.



