Sport en forte chaleur : les conseils d'un médecin pour éviter les risques
Sport et forte chaleur : les conseils d'un médecin

Des malaises, des hospitalisations et même des décès, dont celui d’une femme victime d’une hyperthermie après avoir participé à la compétition Hyrox à Lyon (Rhône)… Les températures records qui s’abattent sur la France depuis ce week-end, et qui vont encore s’intensifier cette semaine, ont fait flancher de nombreux participants à des courses à pied et autres épreuves sportives depuis dimanche. À Maisons-Alfort (Val-de-Marne), les pompiers sont intervenus avec des « brancards baignoires » pour rafraîchir les victimes de coups de chaleur. Un rappel, salutaire, que faire du sport quand il fait très chaud peut s’avérer dangereux pour la santé.

Nous avons sollicité le docteur Jean-Jacques Menuet, médecin du sport ayant une grande expérience du monde professionnel et amateur, pour nous aider à y voir plus clair sur les dangers et les moyens de s’en prémunir. « Les sportifs amateurs sont souvent les plus exposés car ils sont les moins conscients des risques », pose-t-il d’emblée.

Pourquoi, de façon générale, activité physique et chaleur ne font pas bon ménage ?

Tout simplement car « l’effort physique génère une production de chaleur, comme les pistons d’un moteur », décrit le docteur Menuet. Lorsque l’atmosphère est déjà elle-même très chaude, le corps aura de plus en plus de mal à bien réguler sa température et il risque un « coup de chaleur », une urgence médicale qui peut entraîner des malaises, des hospitalisations voire des décès.

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Les signes qui doivent alerter

« Quand vous commencez à avoir mal à la tête, des petits vertiges, des frissons, ou encore paradoxalement une sensation de froid car l’organisme ne régule plus rien du tout », répond le médecin. Dans ce cas, il faut s’arrêter aussitôt et se réfugier à l’ombre.

Cela dépend-il de son profil (âge, comorbidités, etc.) ?

Oui. « Une personne de plus de 50 ans devrait être beaucoup plus vigilante qu’un ado de 15 ans, le surpoids est un facteur très limitant car la dépense énergétique sera beaucoup plus forte, et les personnes qui ont des facteurs de risque déjà connus, des pathologies chroniques ou encore certains traitements sont plus à risques », décrit Jean-Jacques Menuet.

Y a-t-il des sports à privilégier… et d’autres à éviter ?

De façon générale, les sports intenses en continu, comme le jogging, sont plus risqués que ceux durant lesquels on peut faire des pauses, comme le football. Il faut aussi « éviter de s’exposer au bitume et aux rochers qui peuvent renvoyer la chaleur par irradiation, donc de courir ou de rouler sur des routes ou dans certains paysages en pleine journée », prévient le médecin du sport. Et bien sûr, la piscine (idéalement en intérieur) est une bonne option !

Si on tient à faire du sport en extérieur, quels sont les conseils à suivre ?

Sortir le matin ou le soir, idéalement quand le thermomètre n’est pas encore monté au-dessus de 25 °C ou qu’il est descendu sous ce seuil dit « de chaleur ». « La couleur de votre tenue va aussi beaucoup compter : il faut privilégier les vêtements blancs, en textile, respirants et bien aérés au niveau des aisselles, avec aussi un bob ou une casquette blanche », conseille Jean-Jacques Menuet.

Emportez aussi à boire, potentiellement des boissons dites « super-hydratantes » aux électrolytes comportant des sels minéraux comme le sodium, le potassium, et le magnésium si l’effort s’annonce très intense. Car « un coup de chaleur est dû à la hausse de la température du corps, mais aussi à la perte d’eau et de minéraux dus à la transpiration », pointe Jean-Jacques Menuet. Mais attention : ce type de boissons, vantées notamment par des influenceurs, est à proscrire en dehors des efforts intenses et prolongés, prévient l’Inserm.

Et en salle, c’est forcément mieux que dehors ?

Oui, « cela peut être une alternative intéressante », convient le docteur Menuet. Mais à condition, bien sûr, que la salle soit climatisée. Et cela ne doit pas vous empêcher de « boire avant, pendant et après l’effort », conclut le médecin.

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