Sept centres de soins pour enfants violentés financés par la Sécu dès 2027
Sept centres de soins pour enfants violentés dès 2027

La Sécurité sociale financera à partir de 2027 l'ouverture de sept centres de soins dédiés aux enfants violentés par leur famille et confiés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE). L'annonce a été faite mardi par le président de la République Emmanuel Macron lors d'une visite au centre Asterya à Paris.

Un modèle pionnier à Paris

Cette mesure est calquée sur le modèle d'Asterya, premier centre du genre en France, adossé à l'hôpital Necker (APHP) et installé dans une école du 12e arrondissement de Paris. Il propose des bilans puis une prise en charge pluridisciplinaire de long cours (pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens…) pour des enfants victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques.

Depuis son ouverture mi-novembre, Asterya a accueilli environ 800 enfants d'Île-de-France, dont 44 % ont moins de 10 ans. Un modèle qui « fonctionne » selon Emmanuel Macron.

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38 millions d'euros pour sept centres

Le budget de la Sécurité sociale comprendra 38 millions d'euros pour « sécuriser » l'ouverture de sept centres portés par l'association Im'pactes, a déclaré le président aux équipes d'Asterya. Cette enveloppe financera « les dépenses d'investissement », le fonctionnement quotidien étant pris en charge par l'Assurance maladie au titre des soins en hôpital de jour, a précisé l'Élysée.

Sept centres ouvriront notamment à Bordeaux (où la construction est lancée), Lille, Strasbourg, Marseille, Toulouse et La Réunion.

Des traumatismes pédiatriques « complexes »

En l'absence de soins, ces enfants « risquent de perdre 20 ans d'espérance de vie. Ils présentent des traumas complexes pédiatriques très sévères et des maladies somatiques : diabète, maladies de peau, respiratoires et à l'âge adulte, des maladies cardiovasculaires, des risques d'AVC bien plus importants », a expliqué à la presse Céline Gréco, présidente d'Im'pactes et médecin à l'hôpital Necker.

Tous présentent un « retard du langage », conduisant souvent à « des difficultés d'apprentissage ». Ils « sont très abîmés » : certains à 3 ans « souffrent de troubles dissociatifs » de l'identité, d'autres à 7 ans « veulent se suicider », a-t-elle déploré. L'association « apporte tout ce qui n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale : médiation animale, coaching sportif, activité physique adaptée, art-thérapie, psychologues pour les jeunes majeurs ».

Des défis à relever

Les équipes ont pointé plusieurs difficultés : les ruptures de parcours de soins en ville en raison du manque de professionnels, notamment d'orthophonistes, la « pénurie de familles d'accueil », la rupture de l'accompagnement trop rapide après la majorité, ou la nécessité de créer des « bourses d'études » pour ces jeunes dont seulement 1 % accède aux études supérieures.

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