Le ministre de la Santé, Sébastien Lecornu, a dévoilé ce jeudi un plan d'économies pour la Sécurité sociale qui repose en grande partie sur une augmentation des prélèvements sur les personnes malades. Cette annonce intervient alors que le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 11,2 milliards d'euros en 2025, selon les dernières prévisions.
Hausse des franchises et des cotisations
Le plan prévoit une augmentation de 50 centimes par boîte de médicaments des franchises médicales, qui passeront ainsi à 1 euro. Cette mesure devrait rapporter 600 millions d'euros par an. Par ailleurs, les cotisations sur les complémentaires santé seront relevées de 2 à 3 points, générant 1,2 milliard d'euros supplémentaires.
"Il n'est pas juste que ceux qui cotisent le plus soient ceux qui se soignent le moins. Nous devons responsabiliser chacun", a déclaré Lecornu lors d'une conférence de presse. Selon lui, ces mesures permettront de réduire le déficit de moitié d'ici 2027.
Réactions des associations de patients
Les associations de patients ont vivement réagi. "C'est une taxe sur la maladie qui pénalise les plus vulnérables", a dénoncé le président de France Assos Santé. L'UFC-Que Choisir estime que ces hausses "aggraveront le renoncement aux soins" pour les ménages modestes.
Le gouvernement justifie ces choix par la nécessité de maîtriser les dépenses de santé, qui augmentent de 3% par an. Lecornu a également annoncé des mesures de lutte contre la fraude sociale, qui devraient économiser 500 millions d'euros.
Calendrier et opposition politique
Les nouvelles franchises entreront en vigueur au 1er janvier 2026, tandis que la hausse des cotisations sur les complémentaires santé s'appliquera à partir d'avril 2026. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 sera présenté en septembre.
L'opposition de gauche a dénoncé "un choix politique inacceptable". Le député LFI Jérôme Guedj a estimé que "faire payer les malades plutôt que les actionnaires des labos ou les fraudeurs est une honte". De son côté, le Medef a salué les efforts de maîtrise des dépenses.



