Béziers : 150 lycéens mobilisés contre les injustices à Henri-IV
Béziers : 150 lycéens mobilisés à Henri-IV

Ce vendredi 2 octobre, environ 150 lycéens et quelques étudiants en Classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) se sont rassemblés devant la cité scolaire Henri-IV à Béziers, dans l'Hérault, pour dénoncer « les injustices qui s’accumulent ». Le mouvement, parti de Créteil avant de s’étendre à plusieurs départements franciliens puis à tout le territoire via les réseaux sociaux, a trouvé un écho local. Dès 7 h 30, plusieurs camions de CRS ont encerclé l’établissement du centre-ville, et dix interpellations ont été effectuées dans la matinée.

Des revendications multiples et des conditions dénoncées

Les manifestants, munis de pancartes et de drapeaux, ont affiché des slogans variés : « On veut le Bac pas la Bac », « 35°, 35 par classe mais le problème c’est le téléphone », ou encore « On vient pour travailler pas pour angoisser ». Certains élèves sont venus au petit matin pour arriver avant la police, mais cela n’a pas empêché le déploiement des forces de l’ordre. Une lycéenne, amusée par ce qu’elle juge être un attirail disproportionné, a expliqué : « Ils ont sorti matraques et bombes de gaz lacrymogène et se sont tenus prêts à dégainer. Nous sommes pacifistes. »

Dans les petites rues étroites situées à l’arrière des halles, la concentration de monde et la proximité des CRS semblent impressionner davantage les adultes que les adolescents. La veille, la préfecture de l’Hérault avait décidé de fermer les grilles du lycée Jean-Moulin ce vendredi, craignant des débordements et dégradations matérielles. Le mot a alors circulé : les élèves convergeraient vers Henri-IV pour manifester.

Chaleur, infrastructures et Parcoursup au cœur des griefs

En milieu de matinée, après quelques courses-poursuites rapportées par des lycéens présents, les discours politiques ont fleuri. Lucie, élève en seconde, a dénoncé les conditions de travail : « Nous souffrons de la chaleur depuis plusieurs mois, on n’arrive pas à se concentrer. On doit ramener nos propres ventilateurs, vous imaginez ? Il y a des salles dans lesquelles il pleut. » Comme dans de nombreux lycées, la détérioration matérielle de l’établissement et sa non-adaptation au changement climatique sont pointées du doigt.

Les élèves ont également exprimé leur conviction que Parcoursup les désavantagerait parce qu’ils étudient dans l’enseignement public. Anaïs, qui vient d’entrer en hypokhâgne, s’est emportée : « Dans le privé, ils ont de meilleures infrastructures, les profs ont davantage de temps pour faire de l’accompagnement, on leur dit quelles sont les bonnes options à prendre… À la fin, ils sont avantagés par Parcoursup. » Fondé ou non, ce sentiment semble partagé par ses camarades. La jeune femme garde le souvenir d’un Parcoursup où « l’on n’est qu’un numéro et où les injustices s’accumulent ».

Solidarité avec les enseignants et soutien politique

Les manifestants ont également affiché leur solidarité avec les enseignants : « On est solidaire avec nos profs, ce n’est pas dur seulement pour nous, le manque de moyens les touche aussi », ont-ils déclaré en chœur. Parmi leurs griefs : des classes surchargées, des professeurs pas suffisamment nombreux et un manque de formation de ces derniers. Ce lundi, 13 % des enseignants en France étaient d’ailleurs en grève pour réclamer plus de moyens.

En trame de fond, les pancartes racontent l’inquiétude de ceux qui se mobilisent : incertitudes géopolitiques, solidarité avec la Palestine, crainte de voir l’extrême droite au pouvoir et anxiété climatique croisent la nécessité de préparer son bac et son avenir. La section héraultaise du parti communiste a affirmé soutenir les mobilisations lycéennes, estimant qu’elles « révèlent le mal-être profond de la jeunesse face aux crises sociales, démocratiques, géopolitiques et écologiques ». À rebours du projet de budget proposé par le gouvernement, le parti estime que les réponses à ces revendications doivent être intégrées au budget. Les communistes appellent les forces politiques et syndicales à se joindre aux lycéens.