Le gouvernement a annoncé ce jeudi une nouvelle impulsion pour la grande cause de la santé mentale, avec des mesures ciblant notamment les jeunes. Parmi les annonces figurent un coupe-file pour les élèves en souffrance psychique et l'objectif de zéro contention dans les services de psychiatrie. Mais les professionnels du secteur se montrent dubitatifs face à ces promesses.
Un coupe-file pour les élèves en souffrance
Le Premier ministre a dévoilé la mise en place d'un dispositif de coupe-file pour les élèves souffrant de troubles psychiques. Ce mécanisme doit permettre un accès prioritaire aux soins, sans passer par les listes d'attente classiques. Concrètement, les jeunes identifiés par les équipes médico-scolaires pourront consulter un psychologue ou un psychiatre dans un délai maximal de huit jours. Une mesure saluée par certaines associations, mais jugée insuffisante par d'autres, qui pointent le manque de professionnels disponibles.
Zéro contention : un objectif ambitieux
Autre annonce forte : la volonté de parvenir à zéro contention dans les établissements psychiatriques d'ici 2027. La contention, qui consiste à attacher un patient à son lit, est une pratique controversée, perçue comme violente et traumatisante. Le gouvernement souhaite la remplacer par des alternatives thérapeutiques, comme l'apaisement par le dialogue ou l'utilisation de chambres d'apaisement. Cependant, les syndicats de soignants rappellent que cela nécessite des moyens humains supplémentaires, alors que les services sont déjà en sous-effectif chronique.
Des professionnels sceptiques
Les annonces gouvernementales n'ont pas convaincu les principaux concernés. Les psychiatres et infirmiers dénoncent un décalage entre les discours et la réalité du terrain. « On nous promet des mesures sans nous donner les moyens de les appliquer », déplore un porte-parole du Collectif des psychiatres. Le manque de lits, de personnel et de structures d'accueil reste criant. Selon une enquête récente, 40 % des postes de psychiatres sont vacants dans les hôpitaux publics.
- Un coupe-file pour les élèves en souffrance psychique
- Objectif zéro contention d'ici 2027
- Des moyens jugés insuffisants par les professionnels
Une relance nécessaire mais critiquée
La santé mentale est devenue une priorité affichée du gouvernement, après des années de sous-investissement. La crise du Covid-19 a aggravé les troubles psychiques chez les jeunes, avec une hausse des tentatives de suicide et des consultations. Pourtant, les associations estiment que les annonces restent trop floues et manquent de financements concrets. « C'est un effet d'annonce, pas une véritable politique de santé », critique l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques (Unafam).
En attendant, les professionnels appellent à un plan d'urgence, avec des recrutements massifs et une revalorisation des salaires. Le gouvernement promet une feuille de route détaillée pour la rentrée, mais le scepticisme demeure.



