Arnaque aux cartes Pokémon et aux sentiments : 3 ans de prison ferme
3 ans de prison ferme pour l'arnaqueur aux Pokémon

Le tribunal correctionnel de Limoges a rendu son verdict ce jeudi à l’encontre d’un homme âgé de 30 ans, poursuivi pour une série d’escroqueries. Le prévenu, résidant à Limoges, a été reconnu coupable et condamné à trois ans de prison ferme, assortis de deux ans de sursis. En complément de cette peine, le tribunal a ordonné qu’il suive des soins pour son addiction aux jeux d’argent, et lui a interdit l’accès aux casinos. Selon Le Populaire du Centre, qui relate l’audience, les enquêteurs ont identifié au total 26 victimes des agissements du trentenaire.

Le montant total détourné est estimé à environ 250 000 euros, une somme considérable qui a été extorquée par le biais de stratagèmes bien rodés.

Une première arnaque ciblant les collectionneurs de Pokémon

Dans un premier temps, l’escroc s’est intéressé à un marché très florissant : celui des cartes Pokémon. Ces cartes à collectionner, dont certaines atteignent des prix très élevés sur le marché de l’occasion, ont été utilisées comme appât. Le mis en cause proposait aux collectionneurs des exemplaires rares à des prix incroyablement attractifs, sans doute trop beaux pour être vrais. Les acheteurs, séduits par ces offres, effectuaient le paiement en ligne, mais l’article promis n’était jamais expédié. Les victimes se retrouvaient ainsi sans marchandise et sans possibilité de récupérer leur argent, le prévenu ayant fait disparaître les sommes versées.

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L’arnaque aux sentiments sur les applications de rencontre

Après les collectionneurs, l’homme s’en est pris à un public plus vulnérable : des femmes rencontrées sur des applications de rencontre comme Badoo ou Tinder. La technique était classique mais efficace. Il établissait d’abord une relation de confiance, jouant le rôle de l’homme charmant et attentionné. Une fois la victime séduite, il sollicitait rapidement des sommes d’argent, prétextant un besoin d’investissement ou une difficulté financière passagère. Il promettait alors de rembourser très vite.

Les femmes, souvent sous le charme, se laissaient convaincre et procédaient à des virements. Or, l’argent n’était pas versé sur un compte au nom du prévenu, mais sur des comptes bénéficiant de membres de sa famille, afin de brouiller les pistes. Dans certains cas, le trentenaire allait jusqu’à prétendre que le virement n’était pas arrivé afin d’obtenir un second paiement. Il pouvait également recourir à des menaces ou à un chantage affectif pour s’assurer que les transferts continuent.

Une victime a perdu 103 000 euros en deux mois

Le dossier a particulièrement mis en lumière le cas d’une veuve, fragilisée par le décès de son mari. Cette femme a rapporté avoir été piégée par ce prévenu qui ne semblait en rien suspect. « C’était Monsieur tout le monde, j’ai baissé la garde », a-t-elle témoigné. En l’espace de deux mois, elle a envoyé la somme de 103 000 euros au trentenaire, allant jusqu’à vider son compte personnel et celui de sa société. Ce témoignage illustre l’ampleur des dégâts psychologiques et financiers que peuvent provoquer ces arnaques dites « sentimentales ».

Une peine pour prévenir la récidive

La condamnation à trois ans de prison ferme, complétés par deux ans avec sursis, reflète la gravité des agissements du prévenu. L’obligation de soins pour son addiction aux jeux d’argent et l’interdiction de casino visent à prévenir la récidive. Pour les victimes, cette décision met un terme à un parcours judiciaire éprouvant, mais n’efface pas les préjudices subis. Le tribunal correctionnel de Limoges a rendu son délibéré ce jeudi, après une audience où les témoignages ont permis de prendre la mesure de l’impact humain de ces escroqueries.

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