Suite à la levée du conseil de surveillance de l’hôpital le jeudi 25 juin, Midi Libre a rencontré Benoît Durand, directeur par intérim des hôpitaux de Millau et Saint-Affrique, pour l’interroger sur les reproches formulés à son encontre par le Manifeste, association de défense des hôpitaux et maternités publics de proximité en Sud-Aveyron. Dans un communiqué, le Manifeste réagit point par point aux réponses du directeur, dénonçant une gestion qui conduit au départ des médecins.
Exclusion des instances et accusation de mensonge
Le Manifeste regrette que Benoît Durand ait choisi de faire exclure l’association des instances (commission des usagers et conseil de surveillance), empêchant ainsi un véritable dialogue. « Traités de "menteurs", nous éviterons de jouer au ping-pong médiatique et d’utiliser le même ton que celui employé », indique le communiqué. Pour le Manifeste, le directeur « ne semble plus responsable de rien quand surviennent les difficultés. Ce sont alors les médecins qui devraient, seuls, porter le chapeau ».
Laboratoire d’analyse : un choix d’organisation contesté
Concernant le laboratoire d’analyse, le Manifeste affirme que la réduction d’activité a été annoncée par le directeur lui-même. « Il nous a répondu que le laboratoire de l’hôpital était perturbé par la nécessité de mise à jour d’un logiciel et l’envoi, pendant six mois du technicien à Millau, pour se former. Il s’agit donc bien d’un choix d’organisation, face à un problème tout à fait prévisible », souligne l’association.
Pharmacie : la démission de la pharmacienne en question
Sur la pharmacie, le Manifeste déclare : « Si la question est, aujourd’hui, de savoir comment assurer le ravitaillement et la gestion des médicaments de l’hôpital de Saint-Affrique, c’est parce que la pharmacienne a choisi de démissionner. La première question est donc : qu’est-ce qui fait que les médecins, confrontés à cette direction, choisissent de quitter nos hôpitaux ? Les gestionnaires doivent s’interroger. À moins que la recherche d’économies ne soit la raison de leur attitude, comme l’explication en est donnée dans cette réponse. Effectivement, la suppression d’un service, voire d’un hôpital, ce sont des économies, mais sur le plan de la santé c’est une autre question. »
Gériatrie : refus de reconnaissance et gestion insultante
Quant à la gériatrie, le Manifeste écrit : « C’est tout de même le choix de refuser la reconnaissance de leur travail par les deux médecins titulaires de Saint-Affrique et la gestion insultante vis-à-vis d’eux qui sont à l’origine de leur départ et du recours à des intérimaires. » L’association conclut : « Monsieur le directeur ne peut se défausser aussi rapidement de ses responsabilités, ni se contenter d’insulter les habitants qui interrogent sur ses choix de gestion. »



