Le nombre de cas de rougeole explose en France, avec une augmentation de 300% par rapport à l'année précédente. Les hôpitaux signalent une hausse des complications graves, notamment des encéphalites, qui peuvent être mortelles ou laisser des séquelles neurologiques permanentes. Face à cette situation, les autorités sanitaires rappellent que la vaccination à grande échelle est la seule option pour endiguer l'épidémie.
Une recrudescence alarmante
Selon les derniers chiffres de Santé publique France, plus de 5 000 cas de rougeole ont été recensés depuis janvier 2026, contre 1 200 sur la même période en 2025. Les clusters se multiplient dans les zones à faible couverture vaccinale, notamment en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Île-de-France. Les enfants de moins d'un an sont les plus vulnérables, mais les adultes non vaccinés sont également touchés.
Le Dr. Antoine Flahault, épidémiologiste à l'Institut Pasteur, déclare : « La vaccination est le seul moyen de prévenir les complications mortelles telles que les encéphalites. Chaque décès est une tragédie évitable. »
Le danger des encéphalites
L'encéphalite est une inflammation du cerveau qui survient dans environ un cas de rougeole sur mille. Chez les personnes immunodéprimées ou les jeunes enfants, le risque est plus élevé. Les symptômes incluent convulsions, coma et parfois décès. Les survivants souffrent souvent de troubles cognitifs ou moteurs irréversibles.
« Nous avons déjà enregistré 12 cas d'encéphalite liée à la rougeole cette année, dont 3 mortels », indique le Pr. Sophie Jeandel, chef du service pédiatrique à l'hôpital Necker-Enfants malades. « Sans vaccination, ces chiffres vont continuer à grimper. »
La vaccination, seule barrière efficace
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que la couverture vaccinale nécessaire pour éviter une épidémie est de 95 %. Or, en France, la couverture pour la seconde dose de ROR (rougeole-oreillons-rubéole) stagne à 90 % depuis 2020. Les disparités régionales sont fortes : dans certains départements, elle descend sous les 80 %.
Le gouvernement a lancé une campagne de rattrapage vaccinal ciblant les enfants non vaccinés et les adultes nés après 1980. Des centres de vaccination mobiles sont déployés dans les zones rurales et les quartiers prioritaires. « Nous devons atteindre les 95 % pour protéger les nourrissons qui ne peuvent pas encore être vaccinés », explique le ministère de la Santé.
La désinformation, un obstacle majeur
Les autorités pointent du doigt la désinformation sur les réseaux sociaux, où des messages anti-vaccins circulent encore largement. « Les fake news sur le ROR ont la vie dure », déplore le Dr. Flahault. « Pourtant, des études massives ont prouvé l'innocuité et l'efficacité du vaccin. »
Pour contrer ce phénomène, Santé publique France a lancé une campagne d'information sur les risques réels de la rougeole et les bénéfices de la vaccination. Des influenceurs santé et des médecins généralistes sont mobilisés pour rétablir la confiance.
Un appel à la responsabilité collective
Face à l'urgence, le Haut Conseil de la santé publique recommande de rendre la vaccination obligatoire pour tous les enfants dès 12 mois, avec une deuxième dose à 16-18 mois. Actuellement, la vaccination est obligatoire depuis 2018, mais les taux restent insuffisants. « La rougeole est extrêmement contagieuse », rappelle le Pr. Jeandel. « Un seul cas peut contaminer jusqu'à 20 personnes non vaccinées. »
Les experts insistent sur la nécessité d'une action rapide. « Chaque semaine de retard aggrave la situation », conclut le Dr. Flahault. « La vaccination à grande échelle est notre seule arme. »



