Remboursement des anti-obésité : un « nouvel espoir » pour les patients
Remboursement anti-obésité : un nouvel espoir pour les patients

À partir de ce lundi 15 juin 2026, de nombreux patients peuvent accéder au Mounjaro et au Wegovy, deux médicaments anti-obésité désormais remboursés par l'Assurance maladie. Cette mesure représente un véritable tournant pour des milliers de personnes souffrant d'obésité sévère.

Un changement de vie pour Virginie

Virginie, 48 ans, espère être à l'aube d'« un changement de vie ». Elle a déjà bénéficié d'une prise en charge intégrale exceptionnelle du Mounjaro, financée par le laboratoire, et a perdu 30 kilos en un an. Sans emploi, elle n'aurait jamais pu assumer le coût du traitement, estimé entre 300 et 350 euros par mois. Après avoir souffert de problèmes de poids « depuis toujours », elle a subi une opération de réduction de l'estomac en 2012, mais des problèmes de santé ont entraîné une reprise de poids importante.

Un remboursement très attendu

Le gouvernement a annoncé fin mai 2026 le remboursement, pour certaines formes sévères d'obésité, du Mounjaro (laboratoire américain Eli Lilly) et du Wegovy (danois Novo Nordisk). Disponibles sur ordonnance en France depuis fin 2024, ces stylos injectables sont désormais pris en charge à 65 % par l'Assurance maladie, uniquement dans le cadre de structures spécialisées dans l'obésité.

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Afflux de demandes dans les centres spécialisés

Au centre spécialisé de l'obésité (CSO) de Valenciennes, l'annonce a provoqué un afflux immédiat de demandes. Delphine Renard, cadre de santé, constate que « les infirmiers sont submergés » et qu'elle reçoit « une cinquantaine d'appels minimum par jour de patients qui souhaitent rentrer dans le parcours ». Le Dr Mihaela Moldovanu, médecin endocrinologue nutritionniste, explique qu'une liste d'attente a été créée pour les patients qui ne pouvaient pas débuter le traitement pour des raisons financières. Une quarantaine de noms y figurent déjà.

Pas une solution miracle

Les professionnels mettent en garde contre certaines idées reçues. Certains « pensent qu'on fait une injection parce que l'été arrive et qu'on veut mettre son maillot de bain », déplore Mme Renard. Le Dr Moldovanu prévient que ces médicaments ne sont pas « une solution miracle ». Lorsqu'ils ne sont pas associés à une chirurgie bariatrique, ils doivent être pris sur le long terme pour éviter des effets contreproductifs. « L'obésité reste une maladie chronique multifactorielle qui nécessite un traitement au long cours », rappelle-t-elle.

Le Dr Guelareh Dezfoulian, chirurgienne digestive endocrino-bariatrique, insiste sur le fait que ces médicaments sont une « solution » pour des « malades qui souffrent », mais qu'ils doivent être accompagnés de changements durables dans leurs comportements. Virginie, qui se déplace actuellement avec des béquilles, voit dans le Mounjaro « un nouvel espoir », notamment pour sa mobilité. Après son opération, elle compte partir avec son mari Romain pour découvrir le Japon, un rêve qu'ils cultivent depuis des années.

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