Remboursement de l'activité physique sur ordonnance pour les malades du cancer
Une expérimentation significative va être déployée dans trois régions françaises : Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Cette initiative, pilotée par les agences régionales de santé (ARS), concerne spécifiquement le remboursement de l'activité physique sur ordonnance pour les patients atteints de cancer. Le dispositif, prévu pour une durée de deux ans, entre finalement en vigueur avec la publication d'un décret officiel daté du 14 avril 2024.
Un parcours de soins global pour les patients cancéreux
Ce décret, publié jeudi, précise les modalités d'application dans le cadre d'un parcours de soins global destiné aux patients recevant ou ayant reçu un traitement pour un cancer. Initialement, un dispositif pérenne et plus large avait été envisagé dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Ce projet incluait également les personnes atteintes de diabète, mais le gouvernement l'a retiré lors de la navette parlementaire, utilisant l'article 49.3.
Ce retrait a suscité de vives critiques de la part des associations et organisations de patients et de soignants. Ces derniers ont jugé la mesure « sacrifiée » pour des raisons budgétaires, malgré les annonces du président Emmanuel Macron. Rappelons que le chef de l'État avait fait de l'activité physique une « grande cause nationale » pour 2024, année des Jeux olympiques d'été à Paris.
Les bienfaits prouvés de l'activité physique adaptée
De nombreuses études scientifiques démontrent depuis des années les bénéfices d'une activité physique adaptée pour diverses pathologies, notamment les cancers, les dépressions légères et le diabète. Permises par une loi de 2016, les séances d'activité physique adaptée sont actuellement prises en charge par certaines mutuelles ou dans le cadre d'expérimentations locales, mais pas de manière généralisée par l'Assurance maladie.
Courant 2026, un parcours coordonné de soins et d'éducation thérapeutique incluant de l'activité physique adaptée doit également se déployer pour certains adultes en situation d'obésité complexe ou associée à certaines complications. Cependant, selon plusieurs études, dont une menée en 2021 par l'Institut national du cancer, les médecins prescrivent peu l'activité physique adaptée. Les raisons principales évoquées sont le manque de formation, mais aussi « le manque de visibilité et de financement ».
Cette expérimentation régionale représente donc une avancée concrète, bien que limitée, pour intégrer davantage l'activité physique dans le parcours de soins des patients, en particulier ceux touchés par le cancer.



