Céline Véga-Roïatti court le Rallye des Gazelles malgré son cancer du sein
Rallye des Gazelles : une patiente court malgré son cancer

Une patiente atteinte d'un cancer du sein participe au Rallye des Gazelles grâce à des soins adaptés

Pour sa treizième participation au Rallye Aïcha des Gazelles, Céline Véga-Roïatti, 54 ans, court sous les couleurs de l'Institut Bergonié de Bordeaux. Les praticiens de cet établissement ont adapté le protocole de soins pour sa récidive de cancer du sein, lui permettant ainsi de profiter de cette « bouffée d'oxygène » dans le désert marocain.

Le témoignage d'Elisa Pineau et le départ de Céline

« J'ai un cancer. Voilà, j'ai un cancer, c'est dit, c'est fait. J'ai un cancer du sein. » Ces mots sont ceux d'Elisa Pineau, vice-championne de France d'heptathlon à Talence en 2025. Dans une vidéo postée sur son compte Instagram cette semaine, elle révèle avec humour la nouvelle qui chaque jour laisse accablées bien des femmes.

Au même moment, à l'aéroport de Bordeaux Mérignac, Céline Véga-Roïatti embarque pour Casablanca. La Béglaise, âgée de 54 ans – le double de l'âge de l'athlète francilienne – n'est pas une sportive de haut niveau. Maîtresse de conférences en neurosciences, elle vient de quitter ses étudiants de l'Université de Bordeaux pour participer à son treizième Rallye Aïcha des Gazelles.

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Une course d'orientation 100% féminine dans le Sahara

Cette course d'orientation, à la boussole, dans le Sahara marocain, est une aventure 100% féminine où l'entraide l'emporte sur la performance. Du 27 mars au 11 avril, sans GPS, sans téléphone, Céline va « vivre l'instant présent, sans injonction », « prendre [sa] dose, apprendre de soi, se délester de tout », avec les dunes pour seul horizon. Un « virus » énergisant dont elle a craint devoir se priver cette année.

Refuser la double peine

Noël 2025, la sportive amatrice apprend qu'elle a un cancer du sein, alors que son buggy est de nouveau engagé pour la 35e édition de la course. Une récidive pour Céline qui a déjà subi une mastectomie totale il y a cinq ans et enchaîné chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie et hormonothérapie pour venir à bout d'un cancer de grade 3.

Cette mère de deux grands jeunes hommes sait alors le « tsunami émotionnel » et médical qui va bouleverser sa vie et celle de ses proches. Mais elle refuse d'être « dépendante de la maladie » comme elle rejette la perspective de « n'être que la maladie ».

L'adaptation du protocole médical

« Par chance, ose-t-elle déclarer, ce nouveau cancer est très localisé et pas trop agressif. » Reste qu'il doit être opéré et suivi, huit semaines après l'intervention, d'une série de séances de radiothérapie. La chirurgienne et l'oncologue vont alors se coordonner et s'adapter au planning de Céline pour lui permettre de prendre sa « bouffée d'oxygène » dans le désert et ne pas lui infliger « une double peine ».

La date d'entrée au bloc de Céline est décalée d'un mois, en février dernier, pour que les dates du rallye correspondent à la période d'attente avant la phase secondaire de la prise en charge de son cancer. Dans cette situation « où on ne choisit pas les traitements que l'on va subir », Céline salue avec gratitude l'aubaine offerte par l'équipe de Bergonié.

« Ils ont fait passer l'humain avant la maladie »

« Ils ont fait passer l'humain avant la maladie », s'enthousiasme l'universitaire bien consciente que c'est aussi parce que son cancer le permettait. La compétitrice qu'elle demeure se souvient alors : « Là, je revivais ! »

Dès lors, le cancer ne sera plus un sujet de conversation dans son entourage. Sa participation au Rallye des Gazelles monopolise les attentions. Et toute l'énergie de l'Agenaise d'origine, alors qu'il faut préparer les caisses de matériel et le buggy qui précéderont son départ.

La course à la vie

Pourtant, le cancer est bien là ; avec son lot de coups de fatigue et d'examens de repérages pour la radiothérapie qu'elle débutera le 14 avril. Deux jours seulement après son retour en France. Mais pour Céline, l'heure est « à la course à la vie ».

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Parce que les soignants savent « placer la demande du patient au cœur du parcours de soins », Céline a voulu leur rendre hommage en courant sous les couleurs de l'Institut Bergonié. C'est ce « message d'espoir, pour dire que la vie continue » que Céline entend diffuser au fil des kilomètres qu'elle parcourra au volant de son buggy, avec sa navigatrice Adélaïde Fossorier-Kergall.

Une leçon de vie et de courage

Une leçon de vie, plus que de courage, dans laquelle elle affirme que quoi que réserve l'existence, « même en avançant en âge, il faut continuer à croire en ses rêves et vivre pour soi ». Il lui apparaissait alors comme une évidence que son équipage n°26 porte les couleurs de l'Institut Bergonié, comme elle l'avait fait en 2024 avec La Ligue contre le cancer de la Gironde.

Car ainsi libérée de tout traitement pendant un mois, avec le soutien des soignants, la combative Céline ne laissera pas le stress gâcher cette épreuve sportive qu'elle prépare depuis un an. « Ce rallye, je l'ai mérité. »