Le procès des professionnels de santé entourant les derniers jours de Diego Maradona a mis en lumière des éléments médicaux suggérant une dégradation physique visible avant son décès. Mardi, un médecin-légiste a décrit des signes sur le cœur de la légende du football argentin indiquant une « agonie prolongée », ainsi que des œdèmes présents « depuis pas mal de temps ».
Des caillots au cœur révélateurs
Lors de l’audience par visioconférence, le docteur Federico Corasaniti, l’un des auteurs de l’autopsie, a expliqué que l’analyse du cœur avait révélé des caillots entre les cavités. « Ces caillots apparaissent lors de périodes d’agonie prolongées », a-t-il déclaré. Cette agonie, qui aurait duré plusieurs heures selon l’accusation, est un élément clé du procès car elle suggère un suivi médical défaillant. La défense de certains accusés conteste toutefois cette durée.
Un ventre difforme et une ascite ancienne
Le docteur Corasaniti a également décrit l’état de Maradona lorsqu’il a été découvert sur son lit de mort, avec un ventre difforme dû à une ascite, accumulation de liquide dans la cavité abdominale. « Cela ne peut pas se produire de manière soudaine. C’est pratiquement impossible. Cela évoluait depuis pas mal de temps », a-t-il assuré, suggérant que ce symptôme aurait dû être perceptible de l’extérieur.
Le contexte de la mort de Maradona
Diego Maradona est décédé le 25 novembre 2020 à l’âge de 60 ans, d’une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Il était seul dans une résidence louée à Tigre, au nord de Buenos Aires, où il était en convalescence après une neurochirurgie pour un hématome à la tête. Sept professionnels de santé, dont un médecin, un psychiatre, un psychologue et des infirmiers, sont jugés depuis trois semaines à San Isidro pour négligences ayant potentiellement contribué à son décès.
Un foie cirrhotique mais pas de drogues
L’anatomopathologue Silvina de Piero a témoigné que le foie de Maradona était « compatible avec une cirrhose », en lien avec ses addictions passées à l’alcool et à la cocaïne. Cependant, le biochimiste ayant réalisé les analyses toxicologiques a affirmé qu’au moment de sa mort, il n’y avait ni alcool ni drogues dans son organisme. Ce témoignage corrobore celui du psychologue Carlos Diaz, l’un des accusés, qui avait déclaré la semaine précédente avoir accompagné Maradona vers une abstinence totale de 23 jours avant son décès.
Le procès se poursuit, avec des débats sur le niveau d’attention et l’équipement médical de la maison de convalescence, déjà évoqués lors d’un précédent procès annulé en 2025.



