Un colloque international tenu à Paris les 22 et 23 juin 2026 a mis en lumière l'importance cruciale du partage des savoirs et des réflexions autour de la santé environnementale. Organisé par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et le ministère de la Santé, l'événement a réuni plus de 300 chercheurs, décideurs politiques et représentants de la société civile.
Des défis sanitaires majeurs
La santé environnementale, qui étudie les interactions entre l'environnement et la santé humaine, est confrontée à des défis croissants. Selon le Dr. Marie Dupont, directrice de recherche à l'Inserm, "les maladies liées à la pollution de l'air, à l'exposition aux pesticides ou aux perturbateurs endocriniens représentent un fardeau sanitaire considérable, avec des coûts économiques estimés à plusieurs milliards d'euros par an en Europe".
Le colloque a souligné que le réchauffement climatique aggrave ces risques, favorisant la propagation de maladies vectorielles et augmentant les épisodes de canicule. Une étude présentée lors de l'événement indique que les hospitalisations pour coups de chaleur ont augmenté de 40 % en France entre 2015 et 2025.
Nécessité d'une approche collaborative
Les intervenants ont insisté sur la nécessité de dépasser les cloisonnements disciplinaires pour favoriser une approche intégrée. Le Pr. Jean Martin, épidémiologiste à l'université de Lyon, a déclaré : "Nous devons créer des ponts entre la recherche fondamentale, la clinique, les sciences sociales et les politiques publiques. Le partage des données et des réflexions est essentiel pour développer des stratégies de prévention efficaces."
Un exemple concret est le projet "Santé-Environnement" piloté par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui rassemble des données sur l'exposition aux substances chimiques et leurs effets sur la santé. Ce projet a permis d'identifier des clusters de maladies rares dans certaines régions, conduisant à des mesures de réduction des risques.
Vers une meilleure intégration dans les politiques
Le colloque a également abordé le rôle des citoyens et des associations dans la co-construction des savoirs. Des initiatives de sciences participatives, comme le programme "Citoyens capteurs" qui mesure la qualité de l'air dans les écoles, ont été saluées pour leur contribution à la sensibilisation et à la collecte de données.
En conclusion, les participants ont adopté une déclaration appelant à renforcer les financements pour la recherche en santé environnementale, à créer une plateforme européenne de partage des données et à intégrer systématiquement les critères environnementaux dans les politiques de santé publique. "Il est temps d'agir ensemble pour protéger la santé des générations présentes et futures", a conclu le Dr. Dupont.



