Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré ce mercredi 24 juin 2026 que la dissuasion nucléaire est « la seule chose qui préserve la planète d’une guerre mondiale ». Il s’exprimait lors d’un point presse à Moscou, en marge des développements du conflit en Ukraine.
Des propos choc de Peskov
« Sans dissuasion nucléaire, le monde serait déjà plongé dans un conflit global », a affirmé Peskov. Il a ajouté que la Russie reste attachée à une posture défensive et que son arsenal nucléaire est un « garant de la stabilité stratégique ». Ces déclarations interviennent alors que les tensions entre la Russie et l’OTAN sont à leur plus haut niveau depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
Le porte-parole a également critiqué les livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine, les qualifiant de « provocation dangereuse » qui pourrait « pousser le monde au bord du précipice ». Selon lui, ces livraisons « ne changent rien sur le terrain » mais augmentent le risque d’une escalade.
Réactions internationales
Les propos de Peskov ont suscité de vives réactions. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a répondu que « la dissuasion nucléaire de l’Alliance est défensive et proportionnée ». Il a accusé la Russie de « brandir l’arme nucléaire pour intimider l’Ukraine et ses alliés ». De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé « un chantage nucléaire inacceptable » et appelé la communauté internationale à renforcer les sanctions contre Moscou.
Selon un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la Russie possède environ 5 889 têtes nucléaires, dont 1 674 sont déployées. Les États-Unis en comptent 5 244, dont 1 770 déployées. La Chine, la France et le Royaume-Uni complètent le tableau des puissances nucléaires majeures.
Un conflit qui s’enlise
La guerre en Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans, a fait des centaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes. Les pourparlers de paix sont au point mort, chaque camp accusant l’autre de ne pas respecter les accords de Minsk. La Russie contrôle actuellement environ 18 % du territoire ukrainien, selon les estimations de l’ONU.
Les récentes avancées russes dans l’est de l’Ukraine ont ravivé les craintes d’une escalade. Le 20 juin, des frappes de missiles russes ont touché un centre commercial à Kharkiv, faisant 12 morts et 45 blessés, selon les autorités locales. Moscou a nié toute implication, affirmant que ses cibles étaient exclusivement militaires.
La position de la France
La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a réaffirmé « l’importance de la dissuasion nucléaire française, indépendante et crédible ». Paris a appelé à la retenue et au dialogue, tout en condamnant les « déclarations irresponsables » du Kremlin. La France dispose d’environ 290 têtes nucléaires, selon les données publiques.



