Moustiques : chute spectaculaire des cas de dengue et chikungunya en 2026
Moustiques : chute spectaculaire des cas de dengue en 2026

Alors que l'été 2025 avait été marqué par une explosion des maladies transmises par les moustiques en France, l'année 2026 s'annonce bien plus calme. Au 29 juillet 2026, Santé publique France ne recense que 5 cas autochtones de dengue, chikungunya et virus West Nile sur l'ensemble du territoire hexagonal. Un contraste saisissant avec les 55 cas déjà comptabilisés à la même période en 2025.

Un bilan 2025 record

En 2025, la France avait connu une situation inédite. Selon les données de Santé publique France, 809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas de dengue avaient été enregistrés sur l'année, soit le nombre le plus élevé depuis la mise en place de la surveillance renforcée en 2006. En Occitanie, 14 épisodes de transmission autochtone du chikungunya et 5 de dengue avaient été détectés dès la fin juillet. Les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse, Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi pour la première fois le Grand Est et la Nouvelle-Aquitaine, étaient touchées.

Pourquoi une telle différence en 2026 ?

Interrogé par Midi Libre, Yannick Simonin, virologue à l'Université de Montpellier et spécialiste des virus émergents, explique cette accalmie par plusieurs facteurs. « Pour le chikungunya, la dynamique de la circulation mondiale du virus est moins forte cette année, car il n'y a pas eu d'épidémie d'ampleur à la Réunion comme en 2025 », indique-t-il. En effet, la transmission autochtone nécessite qu'une personne infectée en zone d'endémie soit piquée par un moustique tigre en France, qui transmet ensuite le virus à une personne saine.

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Quant à la dengue, le virus circule activement en Asie, mais les conditions climatiques en France ne sont pas favorables. « Les fortes chaleurs et les vagues de canicules que nous connaissons ne favorisent pas une circulation optimale en France », précise le virologue. Il avertit toutefois que « des situations plus favorables peuvent apparaître en août et en septembre ».

L'Occitanie reste en première ligne

Malgré la baisse globale, l'Occitanie concentre l'essentiel des cas. Sur les 5 cas autochtones recensés au niveau national au 29 juillet, 4 se situent dans cette région : un cas de chikungunya à Saint-Amans-Soult (Tarn), deux cas de dengue à Sète et Carmaux, et un cas de West Nile dans les Pyrénées-Orientales. Un cinquième cas de West Nile a été détecté dans les Bouches-du-Rhône. « Il y a pour l'instant beaucoup moins de cas, mais vous remarquerez que quatre des cinq cas répertoriés sont situés en Occitanie, qui reste une région exposée », souligne Yannick Simonin.

Les moustiques toujours présents

« Les moustiques ne disparaissent pas, ils se cachent », rappelle le scientifique. Les conditions météorologiques et les incendies pourraient influencer la suite de la saison. Les feux de forêt modifient les couloirs de migration des oiseaux, réservoirs du virus West Nile. « C'est l'hypothèse que l'on a avancée en 2022, lorsqu'on a vu émerger pour la première fois le virus en Gironde, avec une souche semblable à celle qui a ensuite été analysée en région parisienne l'an dernier », explique Yannick Simonin. Il ne se prononce pas sur la suite : « On pourrait avoir le même bilan qu'en 2025, avec un décalage dans le temps. »

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