Blocages A75 et RN88 : la CR12 face à une facture de 550 000 €
Blocages A75/RN88 : la CR12 face à une facture de 550 000 €

Les blocages de l’A75 à Séverac-le-Château et de la RN88 près de Baraqueville, organisés l’hiver dernier par les agriculteurs de la Coordination rurale (CR12), laissent une facture de 550 000 euros. Ce mercredi 30 septembre, Éloi Nespoulous, représentant légal de la CR12, était convoqué au tribunal de Rodez pour répondre des dégâts causés sur les infrastructures routières. Le syndicat agricole doit désormais choisir entre payer une amende de 5 500 euros ou voir le dossier passer en audience correctionnelle.

Une convocation au tribunal après les blocages de l'hiver dernier

Les blocages de l’A75 à Séverac-le-Château et de la RN88 près de Baraqueville, menés par les agriculteurs de la Coordination rurale, restent dans les mémoires. Ces nuits parfois très froides passées à maintenir les barrages visaient à protester contre l’abattage systématique des troupeaux contaminés par la dermatose nodulaire contagieuse.

Le tribunal de Rodez a également en tête cette période de tensions, désormais inscrite dans ses dossiers. Les blocages ont laissé des traces sur les infrastructures routières, et le syndicat "jaune et noir" doit rendre des comptes.

Une amende de 5 500 euros et des dommages estimés à 550 000 euros

Éloi Nespoulous, au titre de représentant de la CR12, était convoqué au tribunal ce mercredi 30 septembre après-midi. Comme il l’avait fait savoir, le chef de file de la CR n’est pas venu seul : ils étaient une bonne centaine à accompagner l’agriculteur de Durenque jusqu’aux grilles du tribunal de Rodez.

Assisté de l’avocat Me Bessière, Éloi Nespoulous savait qu’un choix allait lui être proposé : payer une amende ou, en cas de refus, voir le dossier passer en audience correctionnelle. À sa sortie, le leader de la CR12 a exposé la situation : "On nous réclame 5 500 euros d’amende. Les dommages estimés pour Baraqueville s’élèvent à 550 000 euros, ceux de Séverac n’ont pas été évalués. Je trouve que cela fait un peu gros", a-t-il déclaré.

Une décision collective et une colère qui ne retombe pas

Les représentants de la CR12 ont commencé à exposer les différentes possibilités qui se présentaient à eux. Comme Éloi Nespoulous l’avait dit avant l’audience, "ce n’est pas moi qui vais décider de la suite à donner, on va prendre une décision collective en conseil d’administration. On a dix jours pour cela".

Le représentant a rappelé que la justice a bien noté que c’est la première fois que l’antenne départementale du syndicat agricole passe devant la justice. "Et on sait que l’on va vraisemblablement y repasser", glissait un représentant, en référence notamment aux deux radars déposés le 21 septembre dernier, en réaction cette fois-ci aux aides jugées insuffisantes face à la flambée du prix des énergies.

À entendre les différents agriculteurs qui se sont succédé pour prendre la parole pendant que leur leader était entendu, il y a fort à parier que la colère agricole ne va pas retomber. Eau, lait, viandes, charges… les sources de mécontentement semblent inépuisables.