À Montpellier, les températures caniculaires transforment les salles de classe en fournaises. Ce mardi, le thermomètre affichait 33°C à 16h30 dans une école du quartier Pas-du-Loup, et déjà 30°C à 8h30 à l'arrivée des élèves. Une situation qui pousse certains parents à garder leurs enfants à la maison, malgré l'obligation scolaire.
Des relevés accablants dans les écoles non rénovées
Six enseignants de quartiers différents, tous dans des établissements non encore rénovés, ont effectué des relevés. Le meilleur cas, une classe exposée au nord dans le quartier Croix d'Argent, affichait 28°C. Tous les autres dépassaient 30°C, avec des pointes à 33°C et 35°C à la Cité Mion ou au Petit-Bard. "C'est devenu un petit jeu avec les élèves. À chaque réponse, un coup de brumisateur. On en rigole mais on souffre et on transpire à chaque mouvement", confie une enseignante montpelliéraine.
Le plan "École 2030" de la ville
La ville de Montpellier investit six millions d'euros par an dans la rénovation thermique des bâtiments scolaires, incluant isolation, remplacement des fenêtres et pose de brise-soleil. 2,8 millions supplémentaires ont permis d'équiper chaque classe de brasseurs d'air et chaque école d'une salle rafraîchie à 27°C. "Nous revendiquons une baisse moyenne de 3° à 4° après rénovation, à condition d'acquérir les bons gestes, notamment laisser les fenêtres fermées en journée", précise la municipalité. Le plan "École 2030", lancé en septembre 2021, prévoit aussi des cours "aventure" désimperméabilisées et végétalisées, une vingtaine déjà réalisées, et trois nouvelles livrées en 2027 (écoles Diderot, Simenon, Morisot). De nouveaux groupes scolaires aux normes thermiques récentes sortiront de terre à La Mosson, Parc 2000 et Croix d'Argent.
Des solutions insuffisantes pour les parents et enseignants
Malgré ces efforts, les ventilateurs plafonniers tournent à plein régime. "C'est décisif pour que la situation reste supportable, même si on s'interroge tous sur l'avenir. Est-ce qu'il faut finir l'année plus tôt ? Ne travailler que le matin ? Installer la climatisation dans toutes les classes ?", s'interroge Pauline, enseignante. Son école dispose d'une salle fraîcheur climatisée, comme 107 autres établissements, mais "une salle pour treize classes, c'est un peu juste". Olivia, mère d'un élève scolarisé à Port-Marianne, dénonce : "Les enfants passent leurs journées dans des locaux surchauffés. Il n'est plus acceptable qu'ils soient contraints de suivre leurs cours dans une telle chaleur."
Vers une nouvelle action en justice
Le collectif "Une école, un avenir" prépare une nouvelle action en justice après deux rejets en référé-liberté en 2022 et 2025. "Nous étudions les possibilités que les juges s'intéressent au fond du problème et mettent les pouvoirs publics devant leurs responsabilités", déclare sa porte-parole, Murielle Kosman. L'association réclame le déploiement de climatisations mobiles et l'affichage des températures dans les classes à 8h30 et 14h. "Les parents ont droit à plus de transparence pour décider s'ils mettent leurs enfants à l'école. Quant aux enseignants, nous les encourageons à exercer leur droit de retrait." Le rectorat précise que le département est en vigilance canicule jaune et que les parents qui gardent leurs enfants ne s'exposent pas à des sanctions.



