Infirmières à Nice : 135 € d'amende, le ras-le-bol des libérales
Infirmières à Nice : 135 € d'amende, le ras-le-bol

À Nice, dans le quartier Vauban, les infirmières libérales subissent des amendes de 135 euros pour stationnement interdit, faute de places adaptées. Léa, infirmière dans le secteur, raconte : « Il n'y a même pas un dépose minute. Ça nous force à nous garer entre deux arbres, en empiétant sur la piste cyclable. Ce n'est pas correct mais comment faire ? » Elle et une collègue ont écopé d'une amende de 135 euros. « C'est justifié, je n'ai pas le droit de me garer là. En sachant que je gagne environ 200 euros net par jour, j'aurais mieux fait de ne pas aller travailler », déplore-t-elle.

Des amendes qui pèsent lourd

Le phénomène dépasse le cas de Léa. Alexandra Santini, cadre nationale du syndicat Convergence Infirmière, affirme qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé. « Si ça continue, on ne pourra plus prendre en charge les patients qui habitent dans les quartiers où il est impossible de se garer. Nous sommes bientôt en été, ça va être de pire en pire », prévient-elle. Léa ajoute : « Je connais deux infirmières qui ont arrêté de travailler en libéral parce qu'elles payaient entre 500 et 1 000 euros d'amendes par mois. »

Des mesures insuffisantes de la mairie

La mairie de Nice a déjà pris des mesures : stationnement gratuit en surface et possibilité de se garer sur les places de livraison avec un disque orange. Mais Alexandra Santini souligne : « La nouvelle municipalité ne nous en donne plus. Ça fait partie de nos demandes. » Elle a sollicité Pascal Condomitti, l'adjoint délégué aux Professions libérales. Elle réclame également un écusson à l'arrière des voitures pour dissuader les verbalisations. Léa a déjà improvisé : « On a beau mettre le caducée sur le pare-brise, ils ne font pas toujours le tour de la voiture. Je l'ai donc aussi imprimé en gros et collé sur ma vitre arrière. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour soigner ses patients », ironise-t-elle.

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L'impact sur la qualité des soins

La pression des amendes affecte aussi la relation patient. Léa confie : « Quand je suis mal stationnée, je me presse. Je ne prends pas le temps de discuter avec mes patients. Alors que, pour certains, c'est important. On demande juste de l'indulgence, pas l'immunité. »

Une piste : les transports en commun

Léa propose une réduction sur l'abonnement aux transports en commun pour les infirmières libérales, géré par la Métropole Nice Côte d'Azur présidée par Éric Ciotti. « Je n'ose pas parler de gratuité puisqu'on l'a pour le stationnement en surface mais, comme on n'a pas de comité d'entreprise, une petite réduction soulagerait. » Elle a tenté le vélo, mais s'est fait voler son deux-roues. « Je me gare aux mêmes endroits tous les jours, c'est facile de me repérer. Une collègue s'en est fait voler trois, dont deux électriques. » Elle a investi dans un vélo électrique pliable avec deux cadenas, mais doit souvent reprendre la voiture pour transporter matériel, trousseaux de clés, commandes en pharmacie et piluliers. « Et je croise les doigts », conclut-elle.

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