Le gouvernement a annoncé, jeudi 5 août 2026, l'ouverture de 10 260 postes d'internes en médecine pour la promotion 2026. Ce chiffre, en hausse de 2,4% par rapport à l'année précédente, vise à répondre aux besoins croissants du système de santé français.
Une augmentation significative des postes
Cette décision, dévoilée par le ministère de la Santé, marque une progression notable par rapport aux 10 020 postes offerts en 2025. Selon le ministère, cette augmentation s'inscrit dans une démarche de renforcement de l'offre de soins, notamment dans les spécialités et les zones sous-dotées.
Les postes seront répartis entre les différentes spécialités médicales, avec une attention particulière portée à la médecine générale, aux spécialités dites « en tension » comme la psychiatrie, la pédiatrie, ainsi qu'aux spécialités chirurgicales. Le gouvernement souhaite ainsi encourager les vocations et répondre aux défis démographiques médicaux.
Un contexte de pénurie de médecins
Cette annonce intervient dans un contexte de pénurie de médecins dans de nombreuses régions françaises. Selon une récente étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), près de 15% de la population vit dans une zone où l'accès aux soins est limité. Les déserts médicaux constituent une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics.
Le ministre de la Santé a déclaré : « Nous devons former davantage de médecins pour garantir l'accès aux soins pour tous, sur tout le territoire. Cette augmentation des postes d'internes est une étape essentielle. » Il a également souligné l'importance de la médecine de ville et de l'hôpital public.
Réactions des syndicats et des étudiants
Les syndicats étudiants en médecine ont salué cette hausse, tout en appelant à des mesures complémentaires. L'Intersyndicat national des internes (ISNI) a estimé que cette augmentation était « positive mais insuffisante » au regard des besoins. Ils réclament également une meilleure prise en charge des conditions de travail des internes.
De son côté, l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) a souligné que ces nouveaux postes devront s'accompagner d'une amélioration de la qualité de la formation et d'un encadrement renforcé. Les étudiants attendent également des garanties sur la répartition territoriale des postes.
Un impact attendu sur l'offre de soins
Cette augmentation de 240 postes par rapport à 2025 devrait avoir un impact positif à moyen terme sur l'offre de soins. Cependant, les effets ne se feront sentir que d'ici 4 à 6 ans, le temps que les nouveaux internes terminent leur spécialisation. Les mesures d'accompagnement, comme les stages en zones sous-dotées, devraient être renforcées.
Le gouvernement prévoit également de revaloriser les indemnités des internes en stage dans les zones fragiles, afin de les inciter à s'y installer durablement. Un plan spécifique pour la médecine générale devrait être détaillé dans les prochaines semaines.
Des spécialités plus attractives
Pour attirer davantage d'étudiants vers les spécialités en tension, des incitations financières et des conditions de travail améliorées sont envisagées. Par exemple, la psychiatrie et la pédiatrie bénéficieront de mesures spécifiques, comme la création de postes supplémentaires et un meilleur accompagnement.
En outre, le nombre de postes ouverts en médecine générale sera en hausse de 3% par rapport à 2025, portant le total à environ 4 100 postes. Cette spécialité reste la plus prisée, mais les autorités souhaitent renforcer son attractivité auprès des jeunes médecins.
Un enjeu pour l'avenir du système de santé
Cette annonce s'inscrit dans une stratégie plus large de planification des ressources humaines en santé. Le gouvernement a également prévu d'augmenter le numerus clausus dans les années à venir, afin de former davantage de médecins à long terme. L'objectif est de parvenir à une meilleure répartition des professionnels de santé sur l'ensemble du territoire.
Les régions les plus touchées par la désertification médicale, comme la Creuse, l'Indre ou certaines zones du Nord-Est, devraient bénéficier de mesures prioritaires. Des bourses et des aides à l'installation seront proposées aux futurs médecins qui choisiront de s'y établir.
En conclusion, cette hausse des postes d'internes est une réponse concrète aux défis de la démographie médicale, mais elle devra s'accompagner d'une politique volontariste pour attirer et retenir les soignants dans les zones fragiles.



