Violences lycéennes : 10 personnels blessés, 416 établissements touchés
Violences lycéennes : 416 établissements touchés

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a condamné ce mardi les violences survenues en marge de la mobilisation des lycéens. Le mouvement, qui conteste le manque de moyens, les difficultés de remplacement des enseignants et les conditions d’apprentissage, s’est étendu à plusieurs régions. « Les violences sont inqualifiables », a-t-il déclaré sur X, après une journée marquée par des incidents et des blessés dans plusieurs établissements.

Un bilan humain et matériel lourd

Selon le ministre, « au moins 10 personnels de l’Éducation nationale » ont été blessés au cours de la mobilisation. Il a notamment fait état d’« un professeur frappé dans le Nord, un proviseur blessé par un tir de mortier dans les Hauts-de-Seine » et d’« un autre menacé de mort en Essonne ». Le ministère recensait en fin de journée 338 établissements encore affectés, dont 45 bloqués et 46 concernés par des tentatives de blocage. Au total, 416 établissements avaient été touchés depuis le matin et 31 blessés étaient signalés parmi les élèves et les personnels.

Le droit de manifester, mais sans violences

Face à ces incidents, Édouard Geffray a défendu la possibilité de manifester tout en appelant à distinguer mobilisation et violences. « Le droit de manifester est une liberté fondamentale, qui ne saurait servir de caution à de tels actes », a-t-il écrit. Le ministre a aussi critiqué les appels à poursuivre les blocages. « Les légitimer ou appeler, dans ce contexte, à étendre les blocages, c’est mettre en danger nos élèves comme les agents publics. C’est irresponsable. »

L’Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation lycéenne, appelle pourtant à « une reconduction des mouvements » jeudi. Elle réclame des professeurs remplacés, davantage de moyens et « des conditions d’apprentissage décentes », tout en demandant au ministère de recevoir rapidement ses représentants. L’organisation revendique 400 établissements bloqués sur les quelque 3 700 lycées en France.

Des incidents dans plusieurs régions

Plusieurs territoires ont connu des incidents mardi. Dans le Rhône, 41 personnes ont été interpellées. Dans les Alpes-Maritimes, 18 lycées ont été concernés par des blocages, avec une cinquantaine d’interpellations ayant conduit à 34 gardes à vue. Huit lycéens et sept policiers ont été légèrement blessés. En Île-de-France, la Région a recensé 75 établissements perturbés, dont 20 touchés par des affrontements, des violences ou des dégradations, ainsi que 20 blessés.

Un affrontement politique en toile de fond

La mobilisation lycéenne s’accompagne enfin d’un affrontement politique. Plusieurs responsables de LFI se sont rendus devant des établissements, tandis que Sébastien Lecornu a dénoncé la veille la « surenchère irresponsable » d’élus du mouvement. Jean-Luc Mélenchon a répondu mardi en appelant les « parents » et « militants Insoumis » à se mobiliser. De son côté, Édouard Geffray place la sécurité des élèves et des personnels au centre de sa réponse au mouvement.