Loi Ripost : les associations de réduction des risques menacées
Loi Ripost : associations de réduction des risques menacées

Le Parlement a définitivement adopté, ce mardi 21 juillet 2026, le projet de loi Ripost, visant à lutter contre l'insécurité du quotidien. Ce texte renforce la pénalisation des free parties, au risque d'assimiler des intervenants santé, notamment ceux spécialisés dans la réduction des risques liés aux stupéfiants, à des organisateurs de ces rassemblements, selon Alexis Joran, président de l'association Conscience Nocturne.

Un nouveau délit d'organisation illégale de rassemblement musical

Le projet de loi, porté par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, crée un nouveau délit : l'« organisation illégale d'un rassemblement musical ». Les organisateurs de free parties encourent désormais deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Leur matériel sera confisqué et leur permis de conduire suspendu pendant trois ans. Les participants, quant à eux, risquent six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende, à condition que le caractère illégal de la fête soit établi. Les forces de l'ordre pourront également leur infliger une amende forfaitaire délictuelle (AFD).

Des associations de réduction des risques inquiètes

Alexis Joran, président de Conscience Nocturne, s'inquiète des conséquences de cette loi sur les associations qui interviennent auprès des usagers de drogues. « Je risque de la prison alors que je fais une action de santé », déclare-t-il. Selon lui, la loi pourrait assimiler les intervenants santé, comme ceux spécialisés dans la réduction des risques en matière de stupéfiants, à des organisateurs de free parties. Ces associations, qui fournissent des informations, des tests de produits ou des espaces de repos lors de ces événements, pourraient être pénalisées.

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Un texte qui criminalise la participation à des fêtes non déclarées

La loi Ripost prévoit également de punir de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende la participation à une fête non déclarée. Les free parties, qui rassemblent parfois plusieurs milliers de personnes, comme celle de Redon (Ille-et-Vilaine) en juin 2021 qui avait attiré environ 1 500 participants, sont directement visées. Le texte aborde aussi d'autres phénomènes troublant l'ordre public, comme les rodéos urbains et la consommation de protoxyde d'azote.

Des craintes pour la santé publique

Les associations de réduction des risques estiment que cette loi pourrait avoir un impact négatif sur la santé publique. En effet, en criminalisant les free parties, elles craignent que les usagers de drogues se tournent vers des lieux plus isolés et moins sécurisés, augmentant les risques d'overdose ou de mauvaise réaction. Alexis Joran souligne que son association intervient pour prévenir les accidents et informer les participants. « Nous sommes des acteurs de santé, pas des organisateurs de fêtes », insiste-t-il.

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