L'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (Inspé) de Dijon se retrouve au cœur d'une polémique après la découverte de sujets d'étude jugés inquiétants par les étudiants et les professionnels de santé. Parmi ceux-ci, un sujet intitulé « On nous a expliqué que l'état d'esprit est plus important que la chimiothérapie pour guérir un cancer » a particulièrement choqué.
Des sujets qui interrogent
Ce sujet, proposé dans le cadre d'un module de formation, suggère que l'attitude mentale pourrait primer sur les traitements médicaux conventionnels. Les étudiants en master MEEF (Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation) ont exprimé leur malaise face à cette approche qu'ils jugent dangereuse et non scientifique. « Cela remet en cause des décennies de recherche médicale », déplore une étudiante.
Réactions des professionnels
Des médecins et oncologues ont également réagi, soulignant que de telles affirmations pourraient inciter des patients à abandonner des traitements vitaux. « L'état d'esprit est important dans le parcours de soin, mais il ne remplace en aucun cas la chimiothérapie », rappelle le Dr. Lefèvre, oncologue au CHU de Dijon. L'ordre des médecins a demandé à l'Inspé de retirer ce sujet.
La direction de l'Inspé se défend
La direction de l'Inspé de Dijon a publié un communiqué expliquant que le sujet était présenté dans le cadre d'une réflexion critique sur les croyances populaires et les dérives sectaires. « Il s'agit d'analyser des discours pseudo-scientifiques, non de les promouvoir », affirme la directrice. Cependant, les critiques estiment que le libellé est ambigu et pourrait être mal interprété par des étudiants non avertis.
Un débat plus large sur la formation
Cette affaire relance le débat sur la qualité des formations dispensées dans les Inspé. Certains syndicats étudiants réclament une révision des programmes et une meilleure supervision des contenus. « Nous ne pouvons pas laisser passer des sujets qui mettent en danger la santé publique », insiste un représentant du syndicat étudiant.
L'Inspection académique a annoncé l'ouverture d'une enquête pour vérifier les conditions dans lesquelles ces sujets ont été élaborés et validés. En attendant, le sujet controversé a été retiré du programme, mais les interrogations persistent sur d'autres thèmes potentiellement problématiques.



