Un incendie dévastateur dans la forêt de Fontainebleau
L'incendie qui a ravagé la forêt de Fontainebleau du 17 au 19 août 2022 a détruit environ 500 hectares de forêt. Cet événement a relancé le débat sur le profil des pyromanes. Le Dr. Jean-Pierre Bouchard, psychiatre spécialisé dans la criminalité, apporte un éclairage sur les motivations de ces incendiaires.
Les différents types de pyromanes
Selon le Dr. Bouchard, il existe plusieurs catégories de pyromanes. Le premier type est le pyromane "compulsif", qui agit sous l'impulsion d'une pulsion irrépressible. Il s'agit souvent de personnes souffrant de troubles psychiatriques, comme la schizophrénie ou la paranoïa. Le deuxième type est le pyromane "vengeur", qui met le feu pour se venger d'une personne ou d'une institution. Enfin, le troisième type est le pyromane "lucratif", qui allume des incendies pour toucher des primes d'assurance ou pour détourner l'attention.
Dans le cas de l'incendie de Fontainebleau, les enquêteurs privilégient la piste criminelle. Le parquet de Melun a ouvert une enquête pour "destruction par incendie". Le Dr. Bouchard souligne que les pyromanes sont souvent des hommes jeunes, âgés de 15 à 30 ans, et qu'ils agissent généralement seuls.
Les motivations profondes des incendiaires
Le psychiatre explique que les pyromanes éprouvent un sentiment de puissance et de contrôle en allumant un feu. "Ils cherchent à provoquer une réaction, à attirer l'attention sur eux", déclare-t-il. "Certains ont un besoin de reconnaissance, d'autres une fascination pour les flammes."
Le Dr. Bouchard insiste sur le fait que la pyromanie est une maladie mentale reconnue par la classification internationale des maladies. "C'est un trouble du contrôle des impulsions, au même titre que la kleptomanie ou le jeu pathologique", précise-t-il. "Ces personnes ont besoin d'un suivi psychiatrique."
Un phénomène en hausse ?
Selon les statistiques, le nombre d'incendies volontaires en France est en augmentation. En 2021, environ 10 000 incendies ont été classés comme volontaires, soit une hausse de 15 % par rapport à 2020. Les forêts sont particulièrement touchées, avec des conséquences désastreuses pour l'environnement.
Le Dr. Bouchard appelle à une meilleure prévention et à un dépistage précoce des troubles psychiatriques. "Il faut former les pompiers et les gendarmes à repérer les signes de pyromanie", conclut-il.



