Syndrome d'hypersensibilité pelvienne : comment le diagnostiquer et le traiter
Hypersensibilité pelvienne : diagnostic et prise en charge

Des douleurs dans le bas-ventre bien réelles, mais sans lésion identifiée : comment prendre en charge le syndrome d’hypersensibilité pelvienne ? Endométriose, neuropathies, douleurs viscérales : en l’absence d’imagerie probante, se focaliser sur les symptômes permet le diagnostic et la prise en charge de ces pathologies à l’origine de douleurs pelviennes chroniques. Les explications du Dr Eric Bautrant, chirurgien gynécologue à Aix-en-Provence.

« Certaines zones du corps peuvent être douloureuses sans lésion visible. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a rien… » insiste le Dr Bautrant.

Des douleurs sans cause visible

Quelle qu’en soit l’origine, les douleurs pelviennes – ressenties dans la région du pelvis ou du bassin, notamment dans le bas-ventre – sont fréquentes, en particulier chez les femmes (7 femmes touchées pour 3 hommes). Quand elles persistent au-delà de trois mois, on parle de syndrome douloureux pelvien.

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« Le terme désigne une réalité complexe. Elle mêle symptômes invalidants, à l’origine d’arrêts de travail répétés, de traitements lourds et recouvre des pathologies multiples, liste le Dr Eric Bautrant. Ce syndrome relève d’un mécanisme que l’on commence tout juste à comprendre : ces douleurs, qu’on appelle nociplastiques, sont liées à un niveau de sensibilité à la douleur abaissé. Cela explique que certaines zones du corps peuvent être douloureuses sans lésion visible. »

D’où ce message très clair, délivré lors du colloque organisé fin mai à l’hôpital Sainte Musse à Toulon par le Réseau Douleur PACA ouest : « Même en l’absence de lésions, lorsque l’imagerie est négative, il faut être capable de diagnostiquer la pathologie à l’origine de ces douleurs. » Il peut s’agir de maladies gynécologiques comme l’endométriose, de neuropathies ou de douleurs viscérales.

Passées les premières consultations et l’élimination des causes possibles expliquant les douleurs, « il faut revenir à la médecine de base et se concentrer sur les symptômes. Chacune de ces douleurs a des critères précis qui diffèrent selon les organes : vessie, utérus, intestin… Le problème est que les médecins ne sont pas formés à les reconnaître. Ce n’est pas suffisamment enseigné à la Faculté. » Conséquence : parfois des années d’errance médicale pour des patients sans diagnostic et sans traitement adapté.

Une « désensibilisation » à la douleur

Poser un diagnostic, identifier l’organe concerné, poursuit-il, « permet pourtant d’accéder à des traitements locaux qui vont désensibiliser l’organe concerné ou à des médicaments plus généraux avec une action sur le centre de la douleur, au niveau cérébral. » La prise en charge est multidisciplinaire et associe médecine, kinésithérapie, psychologie… « Il s’agit de rassurer le patient et de remonter son niveau de tolérance à la douleur. »

1. La nociception est le sens de la douleur, une fonction défensive qui permet au système nerveux d’intégrer le stimulus de la douleur.

Recherches en cours

Parmi les recherches en cours pour tenter de mieux prendre en charge le syndrome d’hypersensibilité pelvienne, l’étude nationale Précursor. « Elle concerne des jeunes filles avec des dysménorrhées intenses. » « On sait que ces douleurs (qui précèdent ou accompagnent les règles) sont des signes précurseurs de l’endométriose. On cherche à savoir si le démarrage le plus précoce possible d’un traitement complet pour les contrôler peut permettre de réduire l’incidence de l’endométriose et des douleurs pelviennes chroniques. »

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