Le centre hospitalier de Grasse, situé chemin de Clavary, vient de finaliser la dernière phase de sa transformation avec la livraison du bloc opératoire et de la stérilisation. Ce chantier colossal, qui a duré cinq ans, a nécessité un investissement de 43,5 millions d'euros, dont 10 millions provenant de l'Agence régionale de santé (ARS) et 33,5 millions autofinancés par l'établissement. Au total, 3 500 m² de nouveaux locaux ont été construits et 3 000 m² ont été restructurés, selon la directrice adjointe, Lucile Courtois.
Des travaux devenus indispensables face à la croissance démographique
Les derniers travaux d'ampleur de l'hôpital remontaient à 1978. Depuis, la fréquentation a explosé : les urgences, conçues pour 22 000 passages annuels, en accueillent désormais 48 000. « Les urgences étaient dimensionnées pour 22 000 passages… Et on en a 48 000 », résume Lucile Courtois. L'établissement couvre un bassin de vie de près de 260 000 personnes, incluant le moyen et l'arrière-pays grassois ainsi qu'une partie du Var. Son activité augmente de 4 % par an depuis 2023, une progression qualifiée d'« énorme pour un hôpital » par la directrice adjointe, démontrant un « besoin grandissant de la part de la population ».
Pour mener à bien ces travaux sans interrompre le service, l'hôpital a mis en place un « phasage à tiroirs ». Le principe consistait à transférer un service dans des locaux neufs pour libérer l'ancien espace, servant de zone de transition pour rénover l'unité suivante. « On a fait comme ça pour toutes les unités. Cela nous a permis de ne jamais interrompre nos services », se réjouit Lucile Courtois.
Un virage ambulatoire et des espaces repensés
La refonte architecturale visait également à s'adapter à l'évolution des parcours de soins, notamment le grand « virage ambulatoire » préconisé au niveau national. « Les patients n'ont plus besoin de rester hospitalisés 3 ou 4 jours pour récupérer. Ici, ils peuvent arriver le matin et ressortir le soir », explique Lucile Courtois. L'objectif est de réduire le temps d'hospitalisation grâce à des techniques médicales moins invasives, offrant une récupération plus rapide et limitant les risques d'infections et les problèmes liés à la sédentarisation prolongée.
Pour accompagner ce virage, l'unité de chirurgie ambulatoire a doublé sa surface et a été accolée au bloc opératoire, formant un seul pôle. De nouveaux espaces d'accueil ont été aménagés au sein du service. « Ça évite aux familles d'attendre le réveil de leurs proches dans le hall ou sur le parvis », poursuit la directrice adjointe.
Une conception sur-mesure grâce à l'implication des soignants
La direction de l'hôpital souligne que ces nouveaux espaces doivent leur fonctionnalité à l'implication des personnels hospitaliers, bien avant le lancement des travaux. « Les équipes de soignants ont vraiment travaillé sur leur nouvel outil de travail, pour qu'il leur soit vraiment idéal et adapté », indique Lucile Courtois. Wilfried Guiol, directeur adjoint, ajoute : « Cela a permis d'avoir un alignement entre le bâtiment, les besoins des soignants et les besoins des patients. Ce sont les soignants qui connaissent le mieux les contraintes de leur environnement de travail… Ils le vivent, donc ce sont les meilleurs conseillers. »
Les soignants ont notamment exigé que les « salles critiques » soient placées directement sous le regard du poste de commandement médical, via des vitres et des portes attenantes, garantissant un « visuel en continu et un accès direct » aux situations pathologiques graves.
Un confort accru pour les patients et les soignants
Le Dr Abrous, chef du service des urgences, estime que les anciens locaux devenaient « un peu justes » et que cette nouvelle donne apporte « beaucoup plus de confort pour les patients et les soignants ». Virginie Rugoloto, cadre de santé de l'unité d'hospitalisation de courte durée, souligne que ces plus grands locaux permettent de « proposer des prises en charge plus personnalisées aux patients ».
Au-delà des murs, l'organisation de l'hôpital se modernise et « s'ouvre sur la ville », selon la direction. Pour désengorger ses services, l'hôpital a rapproché la maison médicale de garde, tenue par des médecins généralistes libéraux, de l'entrée des urgences. En outre, les huit salles de bloc opératoire sont désormais ouvertes aux praticiens libéraux. « C'est la grande nouveauté que ne nous permettait pas l'ancien bloc opératoire », explique Lucile Courtois. Après avoir accueilli des pédodontistes, la direction travaille actuellement à l'arrivée d'un chirurgien viscéral venant du privé, qui viendrait opérer au sein du centre hospitalier grassois.



