Le gouvernement s'apprête à arbitrer une série de mesures budgétaires pour 2027, qui concernent notamment les retraites, les niches fiscales et la politique familiale. Selon un article de Libération publié le 20 août 2026, plusieurs « ballons d'essai » ont été lancés ces dernières semaines, et les choix définitifs doivent être tranchés d'ici la présentation du projet de loi de finances (PLF) à l'automne.
Retraites : une revalorisation sous conditions
Le dossier des retraites est l'un des plus sensibles. Le gouvernement envisage de revaloriser les pensions de base de 0,8 % au 1er janvier 2027, conformément à la règle d'indexation sur l'inflation prévue par la réforme de 2023. Toutefois, cette hausse serait inférieure à l'inflation constatée, qui devrait atteindre 1,5 % en 2026, selon les prévisions de la Banque de France. Libération précise que « Bercy étudie la possibilité de ne pas appliquer la totalité de la revalorisation pour économiser 2,5 milliards d'euros ».
Cette mesure est vivement critiquée par les syndicats, qui dénoncent une perte de pouvoir d'achat pour les retraités. « C'est une double peine : on nous demande de travailler plus longtemps, et en plus on nous rogne nos pensions », a déclaré un responsable de la CFDT, cité par le journal. Le gouvernement, de son côté, justifie cette prudence par la nécessité de réduire le déficit public, qui devrait s'élever à 4,5 % du PIB en 2027.
Niches fiscales : un rabot ciblé
Autre chantier majeur : la réduction des niches fiscales. Le gouvernement prévoit de supprimer ou de raboter plusieurs dispositifs jugés inefficaces ou coûteux. Selon Libération, « le montant total des niches fiscales s'élève à 90 milliards d'euros par an, et l'exécutif souhaite en économiser 5 milliards d'ici 2027 ».
Parmi les pistes évoquées : la réduction de l'avantage fiscal lié aux investissements locatifs (Pinel), la limitation de la déduction des frais de garde d'enfants pour les familles aisées, et la suppression de l'exonération de taxe foncière pour les logements vacants. Le ministère de l'Économie affirme que ces mesures « visent à simplifier le système et à le rendre plus équitable », sans préciser le nombre de contribuables concernés.
Les associations de contribuables, comme l'Union des contribuables français, dénoncent un « matraquage fiscal déguisé ». Leur président, cité par le journal, estime que « le gouvernement cherche à faire payer les classes moyennes sans s'attaquer aux vraies dépenses publiques ».
Politique familiale : un nouveau congé parental
Enfin, le budget 2027 devrait intégrer une mesure phare de la politique familiale : la création d'un congé parental de six mois, mieux rémunéré que l'actuel. Libération indique que « le coût de ce dispositif est estimé à 1,2 milliard d'euros par an, et serait financé par une hausse des cotisations patronales et une réduction des allocations familiales pour les foyers les plus aisés ».
Cette réforme, promise par le président de la République lors de la campagne de 2022, vise à améliorer l'équilibre entre vie professionnelle et vie familiale, et à favoriser la natalité. Le taux de fécondité en France est passé de 1,84 enfant par femme en 2022 à 1,79 en 2025, selon l'Insee. Le gouvernement espère inverser cette tendance.
Les associations familiales, comme l'Union nationale des associations familiales (UNAF), saluent une « avancée significative », mais regrettent que le financement repose en partie sur une baisse des allocations. « On ne peut pas à la fois encourager la natalité et réduire les aides aux familles », a déclaré un représentant de l'UNAF, cité par Libération.
Ces arbitrages, qui devront être validés par le Parlement à l'automne, s'inscrivent dans un contexte budgétaire tendu. Le gouvernement table sur une croissance de 1,2 % en 2027, mais les recettes fiscales pourraient être inférieures aux prévisions en raison du ralentissement économique. Libération conclut que « le budget 2027 sera un test pour la crédibilité de la politique économique de l'exécutif, à un an de la prochaine élection présidentielle ».



