« Que dans 5 à 10 ans, on ait un accueil adapté au handicap dans tous les établissements de santé du Gard » : tel est l'objectif ambitieux fixé par Cécile Chalet, directrice de l’hôpital du Grau-du-Roi et référente handicap du CHU de Nîmes. Très mobilisée, elle pilote un plan d’action concret pour améliorer l’accès aux soins des personnes handicapées.
Quel est le rôle d’une référente handicap au CHU ?
Nommée à cette fonction en 2024, Cécile Chalet a constitué un groupe de travail réunissant l’Unapei 30, l’APF, Sésame autisme, des médecins et Bonjour Présence 30. Ensemble, ils ont réalisé un audit à 360 degrés, basé sur un guide de la Haute autorité de santé, pour évaluer la prise en charge du handicap. Le constat est sans appel : « Nous n’avions que des marges de progression ! » Un plan d’action sur cinq ans a donc été mis en place à l’échelle du territoire.
Des formations pour les soignants et le personnel d’accueil
Le plan débute par la création de formations au handicap destinées aux soignants (ambulanciers, kinésithérapeutes, infirmiers, médecins…). Une nouvelle session débutera le 1er juillet pour les médecins libéraux. À l’issue de toutes ces formations, une liste des « never evens » sera établie : il s’agit des situations qui ne doivent plus jamais se produire dans la prise en charge du handicap. Une démarche inédite en France.
Une formation spécifique est également prévue pour le personnel d’accueil, obligatoire dans les sites recevant plus de 200 visiteurs. D’ici fin 2026, tous les lieux d’accueil du CHU seront dotés d’un guichet accessibilité, pour tous types de handicaps. Le CHU de Nîmes sera ainsi le premier établissement labellisé S3A par l’Unapei 30.
Un Club handicap du Gard exemplaire
En lien avec les associations, le Club handicap du Gard a été créé en 2025. Cette initiative, citée à la Conférence nationale de l’autonomie, regroupe une quarantaine de structures : CHU, GHT, Unapei, CPTS du Gard, associations de personnes handicapées et d’aidants. L’objectif est de rendre l’accès aux soins plus équitable. À partir du 1er juillet, une fiche type de recueil des besoins des personnes handicapées sera déployée sur l’ensemble du GHT, une première en France.
Une expérimentation pionnière sur le cancer et le handicap mental
Le CHU de Nîmes est également à la pointe sur la question du cancer chez les personnes handicapées mentales. Ces dernières rencontrent des difficultés d’expression et de localisation de la douleur, ce qui retarde les diagnostics. De plus, les traitements lourds peuvent entraîner des refus de soins. Le CHU et Oncodéfi ont été retenus pour expérimenter un nouveau parcours de diagnostic et de prise en charge. L’objectif est de pérenniser et de dupliquer ce modèle.



