Colin Gallois, cofondateur de la start-up lilloise EPPUR, qualifie le moment « d'historique ». Pour sa société bien sûr, mais surtout pour les utilisateurs dont il veut simplifier la vie. Depuis le 28 avril, le système de freinage pour fauteuil roulant développé par EPPUR est intégralement remboursé par la Sécurité sociale. « Freiner en fauteuil n'est plus une option, ni un gadget, mais bien une nécessité », se réjouit Colin Gallois.
Une solution unique au monde
Lancée sur le marché début 2023, leur solution, « unique au monde », vise à faciliter la mobilité des personnes en fauteuil roulant en leur permettant de freiner en douceur et sans se bousiller les mains. Car aussi surprenant que cela puisse paraître, il n'existait jusqu'alors pas de système de freinage sur les fauteuils roulants manuels, hormis le frein à main qui permet de le bloquer. Pour ralentir leur course, stopper leur fauteuil et même tourner, les utilisateurs n'avaient donc pas d'autre choix que de bloquer les roues avec leurs mains, occasionnant brûlures et douleurs.
Inspiration des vélos hollandais
Pour cesser ce calvaire, Colin Gallois et ses associés se sont inspirés des vélos hollandais pour imaginer un système de freinage par rétropédalage. Commercialisée sous la marque Dreeft, leur paire de roues se clipse facilement sur n'importe quel fauteuil. « Le système de freinage est intégré dans le moyen relié à la roue, détaille le jeune ingénieur. Pour l'activer, l'utilisateur n'a qu'à tirer légèrement la main courante vers l'arrière. »
Une solution ingénieuse, couronnée de la plus haute distinction au concours Lépine en 2023, qui permet « de supprimer tous les frottements au niveau des mains et de diviser les efforts par cinq au niveau des bras », assure Colin Gallois. Depuis sa commercialisation, le produit a déjà séduit environ 700 utilisateurs en France et à l'étranger. Mais la paire de roues étant vendue 2.000 euros, elle restait inaccessible pour une grande majorité de personnes en fauteuil roulant.
Reconnue d'intérêt de santé publique
Après quatre ans d'étude clinique, la Haute Autorité de santé vient finalement de reconnaître l'intérêt de santé publique de l'innovation, ouvrant ainsi la voie à sa prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale. « Cela va permettre de rendre ce système de freinage accessible à tous et de faire décoller les ventes, estime Colin Gallois. En tout cas en France dans un premier temps, mais à nous de lever aussi les freins à l'étranger. »
Avec 65 millions d'utilisateurs de fauteuils roulants dans le monde, dont 400.000 rien qu'en France, la jeune société entrevoit des perspectives prometteuses.



