Depuis plus de dix jours, les poubelles débordent régulièrement et le ménage se fait attendre au commissariat de Menton, dans les Alpes-Maritimes. Le syndicat Alliance police nationale 06 a publié un inventaire accablant sur Facebook : « Poubelles débordantes. Déchets au sol. Saleté, poussière, odeurs nauséabondes. Des espaces de travail laissés à l’abandon. »
Des conditions jugées « indignes » en pleine canicule
Selon Lilie Jalabert, représentante d’Alliance 06, la situation est aggravée par la canicule : « Plein de locaux ne sont pas climatisés. Il y a des moucherons, ça pue. On a honte de recevoir les gens dans ces conditions. Ça n’aide pas à ce que des victimes se confient. Et ça donne un peu l’impression qu’on est des chiens. C’est une honte ! »
Le syndicat dénonce à la fois les conditions de travail des policiers et l’accueil réservé aux victimes. Les agents doivent eux-mêmes sortir les poubelles et faire le ménage, mais ils ne nettoient pas l’urine dans les geôles. Une cellule a dû être condamnée, et les gardés à vue s’entassent dans les autres, avec les odeurs qui en découlent.
Un problème récurrent dans les Alpes-Maritimes
Le cas de Menton n’est pas isolé. À Nice, Cannes et surtout Antibes, le ménage a été aléatoire pendant deux mois. Selon Lilie Jalabert, la situation à Antibes s’est résolue après la médiatisation et un comité d’amélioration des conditions de travail : « Ils ont une femme de ménage, tout le monde est aux anges. Mais à Menton, c’est d’une insalubrité encore plus prononcée ! »
À Antibes, le prestataire Derichebourg avait évoqué des « relations humaines très délétères » avec les policiers locaux pour justifier les manquements. Alliance rejette cet argument, soulignant que le problème se retrouve ailleurs. Pour le syndicat Unité-SGP, il s’agirait plutôt d’un problème de recrutement chez Derichebourg.
Des marchés publics pointés du doigt
À Menton, l’absence temporaire de la femme de ménage n’a pas été compensée, même si un agent est venu vider les poubelles. Le temps de ménage prévu serait insuffisant pour nettoyer les trois étages du commissariat. Selon Alliance, des mises en demeure ont été adressées à Derichebourg. « On ne vise pas notre hiérarchie. Elle est bloquée par les marchés publics », précise Lilie Jalabert.
Le sentiment général dans les rangs policiers est résumé par la syndicaliste : « On manque d’effectifs, on a des commissariats très vieux, on a maintenant un problème avec les poubelles et le ménage... On a vraiment l’impression de ne pas être respectés. »



