Six prévenus condamnés, un seul en prison pour trafic de drogue à Sérignan
Six condamnés pour trafic de drogue à Sérignan, un seul en prison

Le tribunal correctionnel de Béziers a jugé ce jeudi 16 juillet six personnes suspectées d'avoir alimenté un réseau de narcotrafic à Sérignan, démantelé en mai lors d'une vaste opération de gendarmerie appuyée par le GIGN. Tous ont été reconnus coupables, mais un seul d'entre eux restera en prison à l'issue du procès.

Des peines essentiellement avec sursis

Les six prévenus, surnommés les "bras cassés du narcotrafic" par un proche du dossier, ont écopé de peines avec sursis pour la plupart. Le principal fournisseur, chez qui les autres se procuraient la drogue, a été condamné à un an de détention ferme. Les quatre autres hommes et la femme impliqués ont reçu des peines de bracelet électronique ou de sursis probatoire. Le démantèlement n'a permis de saisir que quelques centaines de grammes de stupéfiants, ce qui a relativisé l'ampleur du trafic.

Des explications jugées "lunaires" par le tribunal

Les profils des prévenus étaient variés, allant de récidivistes à primo-délinquants, certains polytoxicomanes, d'autres non. À la barre, ils ont tous avancé des justifications similaires : ils auraient "dépanné" des amis pour leur consommation personnelle de cocaïne, cannabis ou crack, sans s'enrichir. Ces déclarations ont été contredites par des milliers d'écoutes téléphoniques, des images de vidéoprotection montrant plusieurs points de deal à Sérignan, dont un ancien laboratoire de prothèses dentaires, et un appartement décrit par la présidente du tribunal comme un "véritable drive de drogue".

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Des arguments étonnants

Interrogé sur la présence d'une compteuse à billets numérique lors d'une perquisition, un prévenu a répondu : "C’est une fascination que j’ai depuis tout petit, elle n’a servi qu’une seule fois." Une femme aperçue avec des sacs-poubelle entrant et sortant du laboratoire de prothèses a justifié : "Le propriétaire souffrait du syndrome de Diogène." Un homme de 69 ans a comparé la vente de drogue au partage de viennoiseries : "Mon boulanger m’amène des cookies et des croissants, et moi, je le dépanne avec un rail de coke." Il a ajouté : "Je n’ai jamais vu autant de cocaïne de ma vie, qu’à Sérignan."

La gravité des faits soulignée par le procureur

Le représentant du ministère public a rappelé lors de ses réquisitions : "Quand on vend du stupéfiant, on ne vend rien d’autre que de la mort." Il a reconnu que les quantités saisies étaient modestes, mais a insisté sur l'impact local : "À l’échelle d’une ville comme Sérignan, ce n’est pas rien, ça trouble l’ordre, la salubrité et la sécurité publics." Il a également souligné que le Code pénal ne fait pas de distinction entre dépanner et vendre : "De l’aveu même des prévenus, ils sont tous trafiquants." Le tribunal a suivi ses réquisitions.

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