Disparition de militaires : le piège de la famille Akau Vegi-Wing dans le Var
Disparition de militaires : le piège de la famille Akau Vegi-Wing

Depuis que Var-Matin a révélé l'implication présumée d'une famille dans la disparition de deux militaires originaires du Pacifique dans le Var, les témoignages se multiplient. Jacques Pakeso et Mike Gineste, deux jeunes Français ayant quitté leurs îles pour s'engager dans l'armée, ont croisé le chemin de la famille Akau Vegi-Wing à Toulon. Ils n'ont plus donné signe de vie depuis 2022 et 2023.

Héléna Akau Vegi-Wing, figure centrale de l'enquête

Héléna Akau Vegi-Wing, surnommée « Malia », est une quinquagénaire issue d'une « grande famille polynésienne ». Selon un membre de la communauté océanienne varoise, elle est la figure centrale de l'enquête ouverte pour séquestrations et disparitions. Ses fils, Svensio et François-Édouard, ainsi que sa fille Emmalani, sont souvent dans son sillage.

Les familles des disparus, tenues à l'écart des investigations, attendent les résultats des analyses d'ossements découverts il y a plus d'un mois sur les indications d'un des fils Akau Vegi-Wing. Le procureur a confirmé que ces ossements sont « susceptibles de correspondre aux deux soldats disparus ».

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Un mode opératoire basé sur la générosité et l'alcool

Selon des témoignages concordants, la famille Akau Vegi-Wing avait pris l'habitude d'alimenter les rassemblements de jeunes Océaniens après les fêtes. « Ils ouvraient le coffre de leur van, et ils distribuaient de l'alcool à tout le monde, le soir ils ramenaient des grosses boîtes de KFC et le matin plein de pains au chocolat », raconte un participant.

Les jeunes militaires, plus vulnérables que les étudiants, étaient la cible privilégiée. « La fille, elle allait se coller à eux. Il y en a qui la rejetaient, mais les plus timides avaient plus de mal à résister… » C'est ainsi que Mike Gineste aurait noué une relation sentimentale avant de porter plainte pour vol en avril 2023, quelques jours avant sa disparition.

Un sentiment de pitié initial qui s'est étiolé

Héléna Vegi-Wing, elle-même originaire de Nouméa, est apparue dans le microcosme toulonnais au début des années 2010. « Malia disait que son mari, Édouard, avait été victime d'un accident quand il était encore militaire, il était malade et ne travaillait pas », se rappelle un participant. Mère de six enfants, elle témoignait « d'une vie difficile ». « On l'a prise en pitié », confie-t-il. Ce sentiment s'est estompé jusqu'au « point de bascule » de l'agression d'un serveur du bar El Paso à Toulon en 2022.

« Quand la mère de famille vient, quand elle parle à quelqu'un, il y a “tout le monde” derrière elle », ajoute notre interlocuteur, soulignant l'influence de la famille.

Des avertissements venus de Fréjus

Dès 2015, lors du Festival du Pacifique à La Seyne, des membres de la communauté de Fréjus – où ont vécu les Akau Vegi-Wing – avaient mis en garde les Toulonnais. « On nous a dit de faire attention à eux », confie un Calédonien. « Ils ne sont pas bien vus là-bas. À chaque fois qu'ils se montraient à des événements, ils séduisaient des jeunes qui venaient d'arriver… » Un scénario qui s'est répété à Toulon.

« Ils utilisaient nos coutumes, ils parlaient de religion et montraient une forme de générosité », observe un témoin. Par exemple, en proposant leur hospitalité aux Îliens comme Jacques Pakeso, qui s'est retrouvé sans domicile après la résiliation de son contrat par la Marine.

L'émotion au sein des communautés océaniennes

L'émotion est immense parmi les communautés mélanésienne et polynésienne. Les langues se délient sur le mode opératoire imputé aux suspects, qui restent présumés innocents jusqu'à l'issue de la procédure. Une cagnotte a été ouverte pour soutenir « la quête de vérité et de justice » de la famille de Jacques Pakeso.

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