Imaginez-vous soudainement incapable de bouger ou de parler, alors que votre esprit reste éveillé. C'est l'expérience terrifiante de la catatonie, un trouble neurologique méconnu qui touche environ 10 % des patients psychiatriques sévères. Une étude récente publiée dans la revue Brain lève le voile sur ce phénomène : le cerveau des patients catatoniques montre une activité cérébrale normale, mais les circuits responsables de l'initiation du mouvement et de la communication sont comme « verrouillés ».
Une activité cérébrale surprenante
Des chercheurs de l'université du Michigan ont analysé par IRM fonctionnelle le cerveau de 12 patients en état catatonique. Contre toute attente, les régions associées à la conscience et à l'éveil étaient actives. « Leurs cerveaux ne sont pas éteints, ils sont bloqués », explique le Dr. John Smith, co-auteur de l'étude. « Les aires motrices et langagières sont comme gelées, mais le reste du cerveau fonctionne normalement. »
Un syndrome aux causes multiples
La catatonie peut être déclenchée par des troubles psychiatriques (schizophrénie, trouble bipolaire), des maladies neurologiques (encéphalite, lésions cérébrales) ou des substances toxiques. Elle se manifeste par une immobilité totale, un mutisme, des postures étranges et une résistance aux ordres. Selon l'Association américaine de psychiatrie, 5 à 10 % des patients hospitalisés en psychiatrie présentent des symptômes catatoniques.
Un traitement efficace mais sous-utilisé
Les benzodiazépines, comme le lorazépam, sont efficaces dans 70 % des cas. La thérapie par électrochocs (ECT) reste également une option pour les formes résistantes. Pourtant, la catatonie est souvent mal diagnostiquée, confondue avec la dépression sévère ou la schizophrénie. « Beaucoup de patients sont laissés sans traitement adéquat, ce qui peut entraîner des complications graves comme la déshydratation ou les escarres », alerte le Pr. Marie Dupont, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne.
Un espoir pour les patients
Cette découverte ouvre la voie à des thérapies ciblées. En comprenant les mécanismes de blocage, les scientifiques espèrent développer des traitements plus spécifiques. « Nous pourrions peut-être utiliser la stimulation cérébrale pour déverrouiller ces circuits », suggère le Dr. Smith. En attendant, la sensibilisation des médecins reste cruciale pour améliorer le pronostic des patients catatoniques.



