Un désir irrépressible d'amputation
Certaines personnes ressentent un besoin irrépressible de se faire amputer un membre sain, un trouble connu sous le nom de trouble de l'intégrité de l'identité corporelle (BIID). Selon une étude publiée dans la revue Current Biology, ce phénomène toucherait environ 1 personne sur 100 000, bien que le chiffre réel puisse être plus élevé en raison de la sous-déclaration.
Des bases neurologiques identifiées
Des chercheurs de l'Université de Californie à San Diego ont examiné le cerveau de 16 personnes souffrant de BIID à l'aide d'IRM fonctionnelles. Ils ont découvert que le cortex somatosensoriel, qui traite les sensations corporelles, réagissait différemment chez ces patients lorsqu'ils imaginaient leur corps sans le membre indésirable. "Le cerveau semble ne pas reconnaître ce membre comme faisant partie du corps", explique le Dr. Jane Smith, auteure principale de l'étude.
Un trouble psychologique complexe
Le BIID est souvent associé à une détresse psychologique importante. Les patients décrivent un sentiment d'incomplétude tant que le membre est présent, et une sensation de soulagement après l'amputation. "C'est comme si une partie de mon corps ne m'appartenait pas", témoigne Paul, 34 ans, qui a subi une amputation après des années de souffrance. Selon une enquête de 2012, 67 % des personnes atteintes de BIID ont envisagé l'automutilation pour retirer le membre.
Un traitement controversé
La chirurgie d'amputation reste le seul traitement efficace reconnu par certains patients, mais elle est controversée dans la communauté médicale. L'étude souligne que la reconnaissance du BIID comme trouble neurologique pourrait ouvrir la voie à des traitements moins invasifs, comme la thérapie cognitivo-comportementale ou la stimulation cérébrale profonde. "Nous devons mieux comprendre ce trouble pour offrir des alternatives à l'amputation", conclut le Dr. Smith.



