Déserts médicaux : appel à une politique d'État plus volontariste
Déserts médicaux : appel à une politique d'État volontariste

Un constat alarmant

Les déserts médicaux s'étendent en France, privant des millions de citoyens d'un accès rapide à un médecin généraliste ou spécialiste. Face à cette situation, un collectif de professionnels de santé, d'élus locaux et de représentants d'associations de patients a lancé un appel retentissant : il est temps de mettre en œuvre une politique d'État plus volontariste pour orienter l'installation des nouveaux médecins.

Des inégalités territoriales croissantes

Selon les données de l'Ordre des médecins, près de 30 % de la population française vit dans une zone sous-dotée en médecins. Les zones rurales et les banlieues défavorisées sont particulièrement touchées. Les délais d'attente pour un rendez-vous chez un généraliste peuvent atteindre plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans certaines régions. Cette situation a des conséquences graves sur la santé publique, avec un retard de diagnostic et un suivi insuffisant des pathologies chroniques.

Les causes du phénomène

Plusieurs facteurs expliquent cette pénurie : le numerus clausus restrictif qui a limité le nombre de médecins formés pendant des décennies, le vieillissement de la population médicale, et la libre installation qui permet aux jeunes médecins de choisir des zones urbaines attractives au détriment des territoires délaissés.

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L'appel à une politique volontariste

Dans une tribune publiée dans Le Monde, les signataires appellent à des mesures fortes :

  • Instaurer un conventionnement sélectif pour les nouveaux médecins, conditionnant l'accès au remboursement des actes à une installation dans les zones sous-dotées.
  • Renforcer les aides financières et les incitations fiscales pour les praticiens qui s'installent dans les déserts médicaux.
  • Développer les maisons de santé pluriprofessionnelles et les centres de santé publics.
  • Mettre en place un service public territorial de santé, coordonné par les agences régionales de santé (ARS).

Des propositions controversées

Ces propositions ne font pas l'unanimité. Le Conseil national de l'Ordre des médecins rappelle que la liberté d'installation est un principe fondamental de la profession. Certains syndicats de médecins libéraux dénoncent une « étatisation » de la médecine. En revanche, des associations de patients et des élus locaux saluent ces mesures, estimant qu'elles sont nécessaires pour garantir l'égal accès aux soins.

Vers une prise de conscience politique ?

Le gouvernement a déjà pris des mesures, comme le doublement du numerus clausus depuis 2020, mais les effets ne se feront sentir que dans plusieurs années. Le collectif appelle à une action immédiate et coordonnée. Plusieurs candidats à la présidentielle ont d'ailleurs inscrit la lutte contre les déserts médicaux dans leur programme.

Face à l'urgence, les signataires espèrent que cet appel fera bouger les lignes. Comme le souligne l'un d'eux : « La santé de nos concitoyens ne peut pas attendre. Il est temps de passer des paroles aux actes. »

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