Une journée de dépistage cruciale pour la santé rénale
À l'occasion de la semaine nationale du rein, l'équipe de l'association France Rein Gard Lozère s'est mobilisée jeudi 5 mars à l'hôpital de Bagnols-sur-Cèze pour une importante journée de dépistage des maladies rénales. Cette initiative s'inscrit dans une campagne plus large qui couvre neuf centres hospitaliers des départements du Gard et de la Lozère depuis 2024.
Une collaboration essentielle avec les établissements de santé
Thierry Garcia-Avrilleau, président de l'association depuis 2024, explique la stratégie : "On préfère faire ces dépistages directement dans les hôpitaux. Il est nécessaire de travailler en concertation avec eux pour faire passer un message de prévention. Ils sont là pour ça". Cette approche collaborative permet d'atteindre efficacement les populations à risque.
L'année dernière, l'association a réalisé près de 1 000 dépistages et ambitionne d'atteindre un chiffre similaire en 2026. Cette persévérance est cruciale car, comme le souligne le président, "de nombreuses personnes sont porteuses de maladies rénales sans le savoir".
Les chiffres alarmants des maladies rénales silencieuses
Les statistiques révélées par l'association sont préoccupantes. En 2025, 10% des personnes dépistées étaient atteintes d'une maladie rénale, et parmi elles, 2% se trouvaient dans une situation d'urgence médicale. Thierry Garcia-Avrilleau précise : "Quand le risque est fort, on est en urgence néphrologique. Grâce au dépistage, on a pu 'sauver' ces 2%".
Le président insiste cependant sur les limites du dépistage : "le dépistage n'est pas non plus suffisant et qu'un diagnostic doit être réalisé quand il y a un risque". Cette nuance est essentielle pour une prise en charge médicale complète.
Les résultats encourageants de Bagnols et les défis à venir
Pour cette journée spécifique à Bagnols-sur-Cèze, les résultats se sont avérés plutôt rassurants avec "quelques risques de niveau faible mais pas de cas sévères sur une cinquantaine de tests". Cependant, l'association se prépare à des défis plus importants avec des dépistages prévus dans les grandes villes comme Nîmes ou Alès dans les prochains jours.
Thierry Garcia-Avrilleau rappelle : "L'année dernière, on en avait eu beaucoup au CHU de Nîmes notamment", soulignant ainsi la variabilité géographique des besoins en dépistage.
Un témoignage personnel qui renforce le message de prévention
Atteint d'un cancer du rein il y a quelques années, le président de France Rein apporte un témoignage poignant qui donne toute sa force au message préventif. "Il faut arrêter d'attendre d'avoir mal avant de se soigner. Pour les maladies rénales, plus on le sait tôt, plus on peut guérir", affirme-t-il avec conviction.
Son expérience personnelle illustre parfaitement le caractère insidieux de ces pathologies : "De mon côté, j'avais une vie saine, et on m'a détecté une tumeur de 8 cm, ça montre que ça peut vraiment arriver à tout le monde". Ce récit renforce l'importance d'une surveillance régulière, même en l'absence de symptômes apparents.
L'association France Rein Gard Lozère, accompagnée lors de cette journée par Yannick Prioux, secrétaire général, ainsi que par des étudiantes infirmières Agathe et Clara, continue ainsi son combat essentiel contre les maladies rénales silencieuses qui touchent une part significative de la population sans qu'elle en ait conscience.



