À compter du 16 juin 2026, les personnes exposées au cadmium, un métal lourd toxique, pourront bénéficier d'un dépistage individuel remboursé par l'Assurance maladie. Cette mesure, annoncée par le ministère de la Santé, vise à prévenir les risques liés à cette substance cancérigène, notamment pour les fumeurs et les travailleurs de certaines industries.
Un enjeu de santé publique
Le cadmium est classé comme cancérigène certain pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Il est présent dans le tabac, les batteries, les pigments, les plastiques et les engrais. L'exposition chronique peut entraîner des cancers du poumon, du rein et de la prostate, ainsi que des lésions rénales et osseuses.
Le dépistage individuel, par dosage sanguin ou urinaire, était jusqu'à présent peu accessible en raison de son coût. Désormais, les personnes considérées à risque pourront se voir prescrire ce test par leur médecin traitant ou un médecin du travail, et être remboursées à 100 % par la Sécurité sociale.
Qui est concerné ?
Les populations ciblées par cette mesure sont :
- Les fumeurs et ex-fumeurs ayant une consommation importante de tabac.
- Les travailleurs exposés dans les secteurs de la métallurgie, de la fabrication de batteries, de la production de pigments et de plastiques, ou encore du traitement des déchets.
- Les personnes vivant à proximité de sites industriels polluants.
- Les patients atteints de maladies rénales chroniques ou d'hypertension artérielle, qui peuvent être aggravées par le cadmium.
Le test pourra être réalisé dans les laboratoires d'analyses médicales agréés, et les résultats seront interprétés par un médecin. En cas de taux élevés, un suivi médical renforcé sera proposé.
Une avancée pour la prévention
Cette décision fait suite à une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) de 2023, qui soulignait l'importance d'un dépistage ciblé pour réduire l'incidence des cancers professionnels et environnementaux. Les associations de défense de l'environnement et les syndicats de travailleurs saluent cette mesure, mais appellent à renforcer la réglementation sur les rejets industriels de cadmium.
Le ministère de la Santé précise que ce dépistage s'inscrit dans un plan plus large de lutte contre les substances toxiques, qui inclut également le plomb et le mercure. Des campagnes d'information seront déployées dans les mois à venir pour sensibiliser les populations à risque.



