Nouvelle perspective : « Il faut disqualifier la vision romantique des maladies neurodégénératives »
ENTRETIEN. Les maladies neurodégénératives amputent les capacités et la liberté. Mais il est possible de mobiliser les richesses humaines qui demeurent pour le neurologue Lionel Naccache.
Par Héloïse Rambert, journaliste Santé. Publié le 03/06/2026 à 09h00.
La maladie d'Alzheimer affecte le gyrus précunéus, région clé de la mémoire et de la perception visuo-spatiale. Cette pathologie, comme d'autres troubles neurodégénératifs, est souvent entourée d'une aura romantique que le neurologue Lionel Naccache souhaite dissiper. Dans un entretien, il explique pourquoi il est crucial de changer de regard sur ces maladies.
Selon Naccache, les maladies neurodégénératives ne doivent pas être idéalisées. Elles entraînent une perte progressive des capacités cognitives et de l'autonomie, ce qui affecte profondément la liberté des patients. Cependant, il insiste sur le fait qu'il reste possible de mobiliser les ressources humaines encore présentes chez les malades. Cette approche, plus réaliste, vise à améliorer leur qualité de vie.
Le neurologue souligne l'importance de reconnaître les richesses qui subsistent, même lorsque les symptômes sont avancés. Il encourage les proches et les soignants à se concentrer sur les compétences résiduelles, plutôt que sur les déficits. Cette perspective, bien que moins poétique, offre un espoir concret et une dignité aux personnes atteintes.
En conclusion, Lionel Naccache appelle à une révolution dans la perception des maladies neurodégénératives, en remplaçant le romantisme par une approche pragmatique et humaine, centrée sur les capacités préservées.



