Santé mentale des jeunes : le gouvernement instaure un "coupe-file" pour les élèves en détresse
Coupe-file santé mentale pour les élèves en détresse

Dans la continuité de son engagement en faveur de la santé mentale, érigée en "grande cause nationale" pour 2025-2026, le gouvernement a annoncé ce mardi 2 juin plusieurs nouvelles mesures, ainsi que le renouvellement de dispositifs existants. Parmi les nouveautés, un système de "coupe-file" pour les jeunes "repérés" par l'Éducation nationale comme présentant "un trouble éventuel de santé mentale" sera prochainement mis en place. Ce dispositif permettra aux élèves "d'obtenir un rendez-vous dans les 24-48 heures", a déclaré la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, au micro de franceinfo.

Un coupe-file pour les élèves en souffrance psychique

Si un adolescent est identifié comme étant en situation de "souffrance psychique" urgente, le personnel de l'établissement – qu'il s'agisse de la médecine scolaire, d'un professeur ou de la direction – pourra directement alerter le Samu afin d'obtenir un rendez-vous chez un expert de la santé mentale, psychiatre ou psychologue. "Il y aura une organisation, sur le territoire, des professionnels de santé entre eux qui permettra d'avoir un rendez-vous dans les 24-48 heures", a précisé la ministre. L'organisation de ce "coupe-file" pour les élèves en détresse sera déléguée aux agences régionales de santé (ARS).

Des chiffres alarmants sur la santé mentale des adolescents

Selon une enquête de Santé publique France publiée ce mardi, 20,6 % des collégiens rapportent un "sentiment de déprime" et 19 % des lycéens présentent un risque "important" de "dépression". 20 % de cette tranche d'âge a affirmé avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, et 15 % avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie. Dans l'ensemble, "les filles ont une santé mentale moins bonne et un niveau de bien-être moins élevé que les garçons". Cet état des lieux mène l'agence sanitaire à conclure à une "nette dégradation" de la santé mentale des adolescents entre 2018 et 2022, période marquée par la pandémie. La ministre a elle-même concédé : "avec la crise du Covid, nous avons pris un mur, un mur de lucidité".

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Des mesures pour renforcer l'offre de soins

Stéphanie Rist défend le bilan du gouvernement en invoquant notamment la "suppression du numerus clausus", et assure que le nombre de psychologues a "doublé" depuis 2020 et que le nombre de "psychiatres formés" a augmenté "de presque 10 %". La ministre entend également déployer les "filières psychiatriques des Services d’Accès aux Soins" dans "tous les départements à la fin 2027". Initiées dans le cadre des "Assises de la santé mentale et de la psychiatrie" de 2021, elles ne sont actuellement présentes que dans 58 départements. Par ailleurs, le dispositif "Mon Soutien Psy", qui permet d'obtenir le remboursement de 12 séances par an, sera poursuivi. Toutefois, les retours sur ce programme restent contrastés face au refus de nombreux professionnels d'intégrer le dispositif.

Une délégation interministérielle et un système de repérage précoce

Pour que la santé mentale devienne une prérogative dans tous les ministères, Stéphanie Rist a annoncé la création d’une "délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie", qui permettra à "chaque ministère" d'avoir un "référent". Un autre groupe de travail, chargé de créer un "système national de repérage et d’intervention précoce", a également été évoqué. Ce dispositif devrait notamment généraliser l’évaluation annuelle de la santé mentale des étudiants en médecine. Selon une enquête du syndicat des Carabins datant de 2024, plus d'un étudiant sur deux de cette filière déclare avoir des symptômes anxieux, et 21 % des idées suicidaires.

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Vers l'abolition de la contention mécanique d'ici 2030

Autre annonce faite par la ministre ce mardi : l'objectif de mettre fin aux pratiques de contention mécanique d'ici à 2030. Cette méthode "est traumatisante pour les familles, elle est traumatisante pour le patient lui-même et notamment chez les jeunes patients. Je l’annonce aujourd’hui […] nous devons aller vers le zéro contention en 2030", a-t-elle indiqué, disant vouloir garantir "la dignité humaine". Stéphanie Rist a rappelé qu’"un établissement sur dix en France" s'est déjà engagé à ne plus avoir recours à cette pratique. Une initiative partagée par plusieurs voisins européens, dont la Norvège et l'Espagne qui "sont à plus de 90 % de diminution de leur contention", a-t-elle avancé. Elle a précisé que l'abolition totale ne peut avoir "lieu du jour au lendemain", rappelant le besoin de former le personnel et d'adapter les locaux au préalable.