La clinique Jean-Sarrailh devient FSEF Aire-sur-l'Adour
Clinique Jean-Sarrailh rebaptisée FSEF Aire-sur-l'Adour

Ne l'appelez plus clinique Jean-Sarrailh. L'établissement médical et pédagogique spécialisé dans la médecine psychiatrique de l'adolescence a changé d'appellation pour devenir clinique FSEF Aire-sur-l'Adour. Ce changement de nom s'inscrit dans une volonté de la Fondation santé des étudiants de France, qui gère douze autres structures similaires, d'harmoniser les appellations et de forger une identité commune autour de leur expertise de la médecine de l'adolescence, comme l'explique Maryline Mainil, la directrice.

Une mission inchangée depuis 70 ans

Ce qui ne change pas, c'est la mission des acteurs de cet établissement de santé privé d'intérêt collectif, qui a fêté ses 70 ans en mai 2019 : permettre à des jeunes de 14 à 20 ans, adressés par leur médecin psychiatre, de souffler, de relever la tête et de construire un projet. Pour cela, la clinique dispose de 55 lits pour des adolescents et jeunes adultes venus de toute la Nouvelle-Aquitaine et des départements limitrophes d'Occitanie. Ils trouvent en un même endroit de quoi se soigner, suivre leur scolarité, tout en profitant d'ateliers de créativité. Les frais sont pris en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles.

Un acteur régional unique

Dans un très grand quart Sud-Ouest de la France, la clinique aturine est la seule à proposer une telle offre de soins. « On analyse la pertinence de la prise en charge, dont le patient est acteur », éclaire le docteur Alexandre Arrieu, médecin coordonnateur. « Les jeunes viennent en général pour neuf mois, le temps d'une année scolaire, ou pour un cycle d'années comme celles du lycée. Il y a une liste d'attente de plusieurs mois. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'établissement occupe 4,5 hectares et plus de 10 000 mètres carrés de bâtiments, ceux d'une ancienne chapelle et d'un ancien séminaire, devenu ensuite un préventorium hébergeant des tuberculeux. Il comprend une partie hébergement avec des chambres individuelles sous la houlette d'équipes d'infirmières et d'aides-soignants, ainsi que des services administratifs, médicaux, un réfectoire, des salles de classe, une médiathèque, une salle polyvalente et des salles d'ateliers. Les résidents se déplacent en autonomie. L'ensemble est constitué de bâtiments municipaux reconstruits après un incendie meurtrier en 1982, et entretenus aujourd'hui par la FSEF.

Un projet éducatif intégré

Sandrine Pascual, proviseure adjointe, dirige les études de cette annexe pédagogique de la cité scolaire Gaston-Crampe. 17 enseignants viennent dispenser les cours de cursus général dans les classes de la clinique. Des passerelles vers des formations professionnalisantes et d'études supérieures sont aussi prévues. « Ce ne sont pas des élèves en déficience intellectuelle, ils ont des empêchements et ici on peut trouver des solutions là où le milieu ordinaire n'a pas eu la souplesse », resitue-t-elle. Les cours sont dispensés par petits groupes.

Des ateliers pour s'ouvrir aux autres

L'éducation est intégrée au projet thérapeutique, tout comme le projet culturel, qui participe à restaurer un rythme quotidien et oblige les jeunes à se confronter aux autres. « Ici, ils doivent déjà guérir et réussir leurs études, mais pendant les ateliers, il n'y a pas d'enjeu », explique Lionel Miossec, responsable du service animation. Avec l'équipe d'animateurs et d'éducateurs diplômés d'État, ils sont à l'écoute des envies des jeunes pour leur proposer des supports d'expression.

L'offre d'ateliers est variée : musique, théâtre, arts plastiques, bricolage, réalisation d'un journal, jeux de rôles, ciné-club, ou encore cirque. L'atelier de la clinique est à l'origine de la création de l'Association française de cirque adapté, à Aire. Trente ans plus tard, les vertus de cette pratique pour le corps et l'esprit sont reconnues. « Chaque personnel concourt à la prise en charge, c'est toute cette petite société qui aide les jeunes », résume Lionel Miossec.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Des réalisations nées du confinement

Ici comme ailleurs, il a fallu faire face à la crise sanitaire du Covid et à ses contraintes. Mais les confinements ne laisseront pas de mauvais souvenirs à la clinique aturine. L'établissement est resté ouvert, et tous les jeunes, en lien avec les familles, ont décidé de rester. « Ils ont ainsi accepté de passer deux mois sans retourner dans leur famille et ils ont été exemplaires à la mise en place des gestes barrière », raconte Nadine Raynal, cadre supérieure de santé.

Autre vestige du confinement du printemps 2020, les jeunes ont créé un potager en permaculture, un poulailler et creusé une mare. Aujourd'hui, récolter les tomates, ramasser les œufs, nourrir les poules et entretenir les lieux font partie des ateliers pédagogiques. Enfin, une fresque monumentale, colorée et éphémère, tracée à la craie et au blanc de Meudon sur le terrain d'activités sportives, a été réalisée par les adolescents et les adultes. L'immense mandala a fini par partir avec la pluie, mais les images pour s'en rappeler restent affichées au mur ou dans les téléphones.