Un an après l'épidémie de chikungunya qui a frappé le quartier de Valescure à Fréjus, l'été 2026 s'annonce plus serein. Selon Thomas Margueron, responsable du service santé environnement de l'Agence régionale de santé (ARS), aucun cas autochtone n'a été recensé en France métropolitaine cette année, et seulement une soixantaine de cas importés ont été signalés début juillet. L'an dernier, le Domaine du Castellas avait été le théâtre d'un cluster majeur avec 84 infections, faisant de Fréjus le troisième foyer de la maladie en France.
Pourquoi une telle accalmie ?
L'épidémie de 2025 était liée à une forte circulation du virus dans les outre-mer, notamment à La Réunion, et à des échanges fréquents avec l'Hexagone. Cette année, la situation est différente. De plus, le virus ne se transmet pas des femelles moustiques à leurs œufs, ce qui signifie que les moustiques issus de l'hivernation ne sont pas porteurs. Les personnes infectées l'an dernier ne peuvent plus contaminer les moustiques que pendant une courte fenêtre (deux jours avant les symptômes à sept jours après).
Un risque de résurgence écarté mais une vigilance de mise
Malgré l'absence de cas autochtone, l'ARS insiste sur la nécessité de maintenir les gestes de prévention : détruire les gîtes larvaires (eau stagnante dans les soucoupes, etc.) et utiliser des répulsifs cutanés. Les bracelets anti-insectes, huiles essentielles et appareils à ultrasons sont déconseillés car leur efficacité n'est pas prouvée.
La canicule a réduit l'activité des moustiques, mais attention aux pluies
Les fortes températures et la sécheresse ont limité le développement des larves. Cependant, les œufs peuvent survivre et éclore massivement après une pluie, provoquant une explosion de la population de moustiques tigres. Il est donc probable que le moindre orage relance leur activité.
Le chikungunya : une maladie rarement mortelle mais invalidante
Le chikungunya provoque des douleurs articulaires intenses après 2 à 10 jours d'incubation, accompagnées de fièvre et de maux de tête. Des formes neurologiques graves (méningo-encéphalites) peuvent survenir chez les personnes âgées, immunodéprimées ou les nouveau-nés. Le taux de mortalité est très faible (environ 1 cas sur 1 000), mais la maladie peut engorger les urgences. En cas de symptômes, il est recommandé de consulter un médecin tout en se protégeant des piqûres pour éviter de transmettre le virus à d'autres moustiques.



