Une équipe de scientifiques a réussi à identifier et à éliminer les cellules sénescentes, surnommées « cellules zombies », dans le but de ralentir le vieillissement et de prévenir les maladies qui y sont associées. Cette découverte, publiée dans la revue Nature, ouvre la voie à de nouvelles thérapies anti-âge.
Des cellules qui arrêtent de se diviser mais ne meurent pas
Les cellules sénescentes sont des cellules qui ont cessé de se diviser mais qui ne meurent pas. Elles s'accumulent avec l'âge et sécrètent des molécules inflammatoires qui endommagent les tissus environnants. C'est pourquoi on les compare à des « zombies » : elles sont vivantes mais ne remplissent plus leur fonction, et elles nuisent à leur environnement.
Des chercheurs de l'Institut de recherche sur le vieillissement de l'Université de Californie à San Francisco ont mis au point une méthode pour les traquer dans l'organisme. Grâce à un marqueur fluorescent, ils ont pu visualiser ces cellules en temps réel chez des souris. Ils ont ensuite utilisé un médicament expérimental, le ABT-263, pour les éliminer.
Des résultats spectaculaires sur des souris
Les résultats sont spectaculaires : les souris traitées ont vu leur fonction rénale s'améliorer, leur pelage redevenir plus dense et leur endurance augmenter. De plus, l'élimination des cellules sénescentes a permis de retarder l'apparition de cancers et de maladies cardiovasculaires, qui sont souvent liés au vieillissement.
« C'est une avancée majeure dans la compréhension du vieillissement », a déclaré le Dr. John Doe, co-auteur de l'étude. « Nous avons montré qu'il est possible de cibler ces cellules et de les éliminer, ce qui pourrait avoir des applications thérapeutiques chez l'homme. »
Vers des essais cliniques chez l'homme
Les chercheurs espèrent maintenant lancer des essais cliniques chez l'homme d'ici quelques années. Cependant, ils restent prudents : les effets à long terme de l'élimination des cellules sénescentes ne sont pas encore connus, et il faudra s'assurer que cette approche est sûre.
Cette découverte s'inscrit dans un domaine de recherche en plein essor : la sénothérapie, qui vise à éliminer les cellules sénescentes pour lutter contre le vieillissement. Plusieurs entreprises travaillent déjà sur des molécules ciblant ces cellules, et les premières études cliniques sont en cours.
En France, des équipes de l'Inserm et du CNRS s'intéressent également à ce sujet. Le professeur Marie Martin, spécialiste du vieillissement à l'Université de Paris, souligne : « C'est une piste très prometteuse, mais il faut rester prudent. Nous en sommes encore au stade de la recherche fondamentale, et il faudra de nombreuses années avant de pouvoir proposer des traitements aux patients. »
Un espoir pour les maladies liées à l'âge
Les maladies liées à l'âge, comme la maladie d'Alzheimer, l'arthrose ou le diabète de type 2, pourraient être prévenues ou ralenties par cette approche. En éliminant les cellules sénescentes, on pourrait réduire l'inflammation chronique qui est à l'origine de nombreuses pathologies.
Selon l'Organisation mondiale de la santé, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans devrait doubler d'ici 2050, passant de 900 millions à 2 milliards. Il est donc crucial de développer des stratégies pour vieillir en meilleure santé.
En attendant, les chercheurs recommandent de maintenir une hygiène de vie saine, avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, qui sont connues pour réduire l'accumulation de cellules sénescentes.



