Alors que la France connaît une nouvelle vague de chaleur, les enseignants se retrouvent souvent démunis face à des salles de classe surchauffées. « On ne peut plus faire cours quand il fait plus de 30°C dans la salle », témoigne un professeur du collège de banlieue parisienne, joint par Libération. Cette situation, loin d'être isolée, pousse les enseignants à improviser des solutions de fortune.
Des températures caniculaires dans les salles de classe
Dans de nombreux établissements, les thermomètres affichent régulièrement des températures supérieures à 30°C, voire 35°C dans certaines salles mal isolées ou orientées plein sud. « C'est invivable, les élèves sont apathiques, certains ont des maux de tête, et moi-même j'ai du mal à me concentrer », explique une enseignante en lycée professionnel à Marseille. Selon une enquête du Snes-FSU, 78% des enseignants jugent les conditions de travail « difficiles » ou « très difficiles » lors des épisodes de canicule.
Des solutions de fortune pour tenir
Face à l'absence de climatisation dans la plupart des établissements publics, les professeurs multiplient les astuces : fermeture des volets, utilisation de ventilateurs personnels, délocalisation des cours dans les couloirs ou à l'ombre des arbres. « On fait avec les moyens du bord, mais ce n'est pas suffisant », déplore un professeur des écoles à Lyon. Certains établissements autorisent les élèves à venir avec une bouteille d'eau et à s'hydrater régulièrement, mais cela ne résout pas le problème de fond.
Un impact sur les apprentissages
Au-delà de l'inconfort, la chaleur affecte directement la qualité des apprentissages. « Les élèves ne retiennent rien, ils sont trop fatigués », constate un enseignant en histoire-géographie. Des études montrent qu'au-delà de 28°C, les capacités cognitives diminuent significativement. « On adapte le programme, on fait plus de travaux en groupe, on évite les exercices exigeants », explique une professeure de mathématiques. Mais ces adaptations restent insuffisantes selon les syndicats, qui réclament des mesures structurelles.
Des revendications pour des bâtiments adaptés
Les syndicats enseignants demandent un plan de rénovation thermique des écoles, collèges et lycées. « Il est urgent d'isoler les bâtiments et d'installer des protections solaires », insiste un représentant du Snes. Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé un investissement de 500 millions d'euros sur cinq ans pour la rénovation énergétique des établissements, mais les enseignants jugent ce montant insuffisant. En attendant, les professeurs continuent d'improviser, avec le soutien parfois des parents d'élèves qui apportent des ventilateurs ou des brumisateurs.
Des inégalités territoriales
La situation est particulièrement critique dans les régions du sud de la France, où les épisodes caniculaires sont plus fréquents et plus intenses. « Ici, c'est tous les ans la même chose, on a l'impression que rien n'est fait », déplore un enseignant niçois. Les établissements les plus récents, souvent mieux conçus, offrent de meilleures conditions, mais ils sont minoritaires. Le problème touche aussi les écoles maternelles et primaires, où les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables à la chaleur.
Des appels à une meilleure anticipation
Les enseignants réclament une meilleure anticipation des épisodes caniculaires, avec des consignes claires et des moyens adaptés. « On nous demande d'adapter nos cours, mais sans nous donner les outils pour le faire », résume une professeure. Certains proposent d'avancer les horaires de cours pour éviter les heures les plus chaudes, ou d'instaurer des journées à horaires aménagés lors des pics de chaleur. Des expérimentations ont eu lieu dans quelques académies, mais sans généralisation pour l'instant.



