Cancer du sein : le regard des autres sur l'absence de poitrine au travail
Cancer du sein : le regard des autres sur l'absence de poitrine

Dans un témoignage poignant publié par Le Monde, une femme raconte son expérience après une mastectomie. Elle explique que les rares fois où elle ne porte pas sa prothèse au travail, les regards se braquent sur son sein absent. « La poitrine, cet objet du désir qui peut cacher la maladie », résume-t-elle.

Un choix personnel confronté au regard des autres

L'auteure, qui souhaite rester anonyme, décrit la pression sociale qu'elle ressent pour dissimuler son absence de sein. « Au travail, je mets toujours ma prothèse. Mais parfois, par confort ou par rébellion, je ne la mets pas. Et là, les regards changent », confie-t-elle. Elle ajoute que ses collègues masculins évitent de la regarder, tandis que certaines femmes affichent une gêne visible.

Selon une étude de l'Institut national du cancer, environ 50 000 femmes sont diagnostiquées chaque année en France d'un cancer du sein, et une proportion significative subit une mastectomie. Pourtant, le sujet reste tabou dans le monde professionnel.

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La poitrine, entre désir et maladie

L'auteure interroge la place de la poitrine dans notre société : « Pourquoi un sein absent dérange-t-il autant ? Parce que la poitrine est sexualisée, elle est un objet de désir. La maladie vient briser cette image. » Elle raconte qu'une collègue lui a dit un jour : « Tu es courageuse de ne pas mettre ta prothèse, mais ça fait bizarre. »

Ce témoignage met en lumière les difficultés des femmes atteintes d'un cancer du sein à retrouver une vie professionnelle normale. Une enquête de la Ligue contre le cancer indique que 40 % des femmes ayant eu un cancer du sein rapportent des discriminations au travail.

Des initiatives pour changer le regard

Certaines entreprises commencent à sensibiliser leurs équipes. Des associations comme « Les Seins de l'Espoir » proposent des formations pour mieux accueillir les collègues atteints de cancer. « Il faut dédramatiser et normaliser les corps différents », explique la présidente de l'association.

L'auteure conclut : « Je ne veux pas être un symbole, je veux juste pouvoir être moi-même au travail, sans avoir à cacher une partie de mon corps. » Elle espère que son témoignage contribuera à faire évoluer les mentalités.

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